Le porc (castré) fait sa place au Sommet de l’Elevage

18 octobre 2021 - Estelle POLETTE DE OLIVEIRA

Début octobre, la production porcine était mieux représentée que les années précédentes au Sommet de l’élevage en Auvergne. Dans ce bassin de fabrication de charcuteries sèches, l’arrêt de la castration à vif est sur toutes les lèvres.

Sous l'oeil du Puy de Dôme (au deuxième plan de cette photo), le Sommet de l'Elevage s'est déroulé à Cournon (63) du 4 au 7 octobre dernier.

Une vingtaine. C’est le nombre d’entreprises, en hausse cette année, en production porcine présentes dans le nouveau hall du Sommet de l’Elevage. Celles-ci ont évoqué de belles opportunités de rencontre d’éleveurs de porcs, avec toutefois des configurations d’élevages plus originales que celle rencontrées en Bretagne. Au global, ce sont près de 93 000 visiteurs qui se sont rendus au Sommet de l’Elevage à Cournon (63) du 4 ou 7 octobre dernier. Après une année 2020 sans salon, la fréquentation de cette 30ième édition s’est rapprochée de celle observée avant la crise sanitaire de la Covid et ce, malgré un visitorat international réduit. 2 400 visiteurs étrangers provenant d’une soixantaine de pays ont tout de même fait le déplacement, principalement en provenance d’Europe. L’ajout d’une quatrième journée a sans doute facilité l’affluence.

Du mâle castré pour le jambon sec

Stéphane Carrel, directeur de l'abattoir des Crets à Hières sur Amby (38)

Du côté des conférences, les problématiques actuelles de la filière porcine sont en revanche les mêmes sur l’ensemble du territoire. L’arrêt de la castration à vif agite les débats. Dans cette région où la charcuterie sèche occupe une place importante, le mâle castré sous anesthésie pourrait ainsi garder une place prépondérante. Si les réticences et les argumentaires sont les mêmes qu’en Bretagne, plusieurs abatteurs et transformateurs ont en revanche fait le déplacement pour venir rencontrer les producteurs. « A seulement trois mois de l’échéance, les éleveurs n’ont aucune disposition réglementaire pour poursuivre la castration. Et comme nous n’achèterons pas de mâles entiers, comment allons-nous nous fournir pour transformer nos jambons ? », s’agace le responsable des achats de l’enseigne de charcuterie Raffin. L’abatteur Stéphane Carel s’est lui aussi montré franchement opposé à travailler le mâle entier. Du côté du groupement Cirhyo, Philippe Chanteloube, son directeur estime avec prudence que « c’est sans doute le marché qui définira l’orientation des pratiques. Si les consommateurs n’acceptent pas de payer le prix du mâle castré sous anesthésie, les abatteurs pourraient se rabattre vers des produits moins qualitatifs ».
Autre problématique commune à toutes les régions, le manque de main d’œuvre a fait l'objet d'une seconde conférence spécifique à la production porcine. Malgré le peu de public dans la salle, les différents représentants de la filière porcine du Massif Central ont tenté de convaincre les éleveurs de bovins d’implanter du porc comme atelier de diversification et les salariés à venir travailler dans les outils.
L’édition 2022 du Sommet de l’Elevage se tiendra du 4 au 7 octobre 2022.

 

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