Covid-19 : La filière impactée à l’international

9 avril 2020 - Emmanuelle Bordon

La pandémie de covid-19 impacte fortement le secteur porcin dans tous les pays. Chacun d’eux réalise des aménagements et prend des mesures de compensation afin de soutenir les acteurs de la filière. Au-delà des frontières, les producteurs et autres acteurs de la filière échangent sur leur manière d’affronter cette épreuve. Le point avec le réseau du groupement Evel’Up.

Photo : Adobe Stock

La première conséquence de la pandémie de covid-19 est une baisse des prix importante dans de nombreux pays : l’Italie, la France, l’Espagne, les Pays-Bas voient leurs cours descendre mais aussi les Etats-Unis et le Canada, pour ne citer qu’eux. En plus de ces baisses, les marchés sont bouleversés. L’Italie, en particulier, pays à ce jour le plus endeuillé, est confinée depuis maintenant plus d'un mois. Antonio Gilioli, éleveur et commerçant en porcs, rapporte « des conditions de travail très très dures ». Le marché de la viande est profondément modifié avec, comme c’est le cas dans de nombreux endroits, une très forte baisse de la consommation en RHD et une hausse des ventes en GMS. De leur côté, les ventes de viande de porc fraîche et de charcuterie connaissent une hausse d’environ 40%.

Au Québec, ce sont les abattoirs qui souffrent, notamment en raison du manque de main-d’œuvre, dû à la contamination des ouvriers. Olymel, société québécoise spécialisée dans la transformation de viande, a annoncé le 29 mars l’arrêt de son abattoir de Yamachiche pendant 14 jours, en raison d’un trop grand nombre d’employés malades, et, le lendemain, la mise en demi activité de son abattoir de Saint Esprit.

14 milliards de dollars pour soutenir les agriculteurs aux USA

Financièrement, certains États apportent une aide directe à la filière. Le Canada a annoncé un moratoire de six mois sur le remboursement des prêts pour l'ensemble des exploitants qui en feront la demande1. Il versera en outre cinq milliards de dollars pour aider les filières agricoles et agroalimentaires2. Même décision aux États-Unis, qui verseront 14 milliards de dollars pour soutenir les producteurs agricoles et leurs familles3. En France, certains agriculteurs pourront prétendre à l’aide de 1 500 € allouée grâce au « fonds de soutien aux indépendants et petites entreprises ». Et sur le plan européen, les ministres des 27 pays membres ont demandé conjointement une aide spécifique à l’agriculture et à la pêche.

Enfin, dans tous les pays, le travail en élevage continue, avec des aménagements dans l’organisation pour limiter les contacts et les risques de contamination. Des pays, comme l’Espagne par exemple, ont mis en place des procédures formalisées. Celles-ci allant dans le même sens que les mesures relatives à la biosécurité des porcs, elles ne dépaysent pas les éleveurs et « pourraient même jouer un rôle positif dans le niveau d’application des normes de biosécurité en élevage lorsque la pandémie sera terminée », souligne Ramon Marti, du groupe Axiom en Espagne.

 

1) Source : FADQ, 21 mars 2020

2) Source : Newswire, 23 mars 2020

3) Source : Meatingplace et The Pig Site, 26 mars et Brownfield Agriculture, 27 mars 2020

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