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Covid-19 en abattoirs : les académies vétérinaire et de médecine détaillent les facteurs de risque et exposent leurs préconisations

29 juin 2020 - Estelle POLETTE DE OLIVEIRA

Du fait de leur environnement très particulier, les abattoirs sont de véritables foyers infectieux du Covid-19. Dans un communiqué commun, l’Académie vétérinaire de France et l’Académie Nationale de médecine reviennent sur les facteurs de risque et listent quatre préconisations, dont le dépistage du personnel fait partie.

L’abattoir Rheda-Wiedenbrück de l’industriel allemand Tönnies Fleisch n’est pas le seul à avoir été un important foyer de Covid-19. D’autres, en France, aux Pays-Bas, en Irlande, en Australie, au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada ou au Brésil ont également été touchés violement par le virus. En effet, comme le rappellent l’Académie vétérinaire de France et l’Académie Nationale de médecine dans leur communiqué du 24 juin, « les facteurs environnementaux favorisent le développement des foyers de Covid-19 dans les abattoirs. L'atmosphère des locaux d'abattage et de découpe est froide et humide, avec peu de lumière naturelle. La survie et la propagation du virus sont favorisées par les systèmes de ventilation et de nettoyage par eau pressurisée. Le port permanent du masque est difficile, surtout dans ces espaces clos où le niveau sonore impose souvent de se rapprocher et de hausser le ton pour échanger entre collègues, ce qui favorise la transmission virale par gouttelettes de salive. […] La vapeur d'eau dégagée par la respiration des salariés entraine une condensation rapide et une humidification des masques qui nuit à leur capacité de filtration. Enfin, les conditions de promiscuité rendent difficile le respect d'une distanciation physique, tant aux vestiaires que sur la chaîne de travail ou lors des pauses ».

Par ailleurs, les spécialistes de ces académies rappellent que les facteurs socio-économiques jouent un rôle important dans le risque de Covid-19. « Dans les grands abattoirs, la diversité des langues et des cultures liée à l'embauche de travailleurs étrangers complique la mise en œuvre des mesures de biosécurité. Il s'agit souvent d'étrangers recrutés en sous-traitance et de personnes vivant dans des conditions précaires (hébergements collectifs avec forte densité humaine, logements précaires de familles nombreuses, où la promiscuité accroît les risques de contagion). Les moyens de déplacement de ces salariés (bus, covoiturage) favorisent la diffusion du virus, à l'intérieur comme à l'extérieur des établissements. »

Par conséquent, l'Académie nationale de médecine et l'Académie vétérinaire de France recommandent :

  • d'intégrer le personnel des abattoirs dans un programme national de dépistage de la Covid-19 parmi les personnes en situation de précarité ;
  • de renforcer la surveillance médicale du personnel des abattoirs ;
  • de renforcer le contrôle des conditions de travail et le respect des mesures de prévention. Ces contrôles doivent viser en priorité les équipements de protection individuels, les moyens de distanciation physique, les conditions d'hébergement collectif des personnels en contrat précaire ;
  • de renforcer le contrôle par les services vétérinaires des règles d'hygiène s'appliquant au personnel, aux locaux, aux matériels et aux manipulations.
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