La Fict dit non à la taxe sur les charcuteries

23 octobre 2019 - Claire Walbecque

La Fict est résolument opposée à l’amendement, voté le 15 octobre en commission, visant à taxer les charcuteries contenant des nitrites. Elle rappelle le rôle de cet additif et la non-toxicité des doses actuellement utilisées dans les produits. Sans oublier de pointer le danger que représente cette nouvelle taxe pour une filière déjà fragilisée par la récente hausse des cours du porc.

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La Fédération française des industriels charcutiers (Fict) contestent un amendement visant à taxer les produits de charcuterie contenant des nitrites. Celui a été voté en commission le 15 octobre et sera soumis au vote de l’Assemblée plénière. Cette taxe s’inscrit dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2020. La Fict parle d'une mesure « non fondée scientifiquement qui s’appuie sur des contrevérités et pouvant avoir des conséquences graves sur la santé des consommateurs et la qualité des produits ».

Richard Ramos, le député à l’initiative de cette nouvelle taxe, évoque un « amendement de bon sens au vu des risques que font courir les nitrites sur la santé ». Et se défend de vouloir « pénaliser les entreprises de charcuteries », en mettant notamment en avant la « faiblesse » de la taxe qu’il propose. Elle serait de l’ordre de 10 centimes d’euros par kilo de sel nitrité, soit 0,1 centime d’euro par kilo de produit fini. « L’idée est d’inciter, sans alourdir les coûts de production des entreprises », explique t-il.

Résolument opposée au projet, la Fict juge cette initiative « dangereuse » et rappelle que « les nitrites sont utilisés depuis de longue date pour conserver les viandes, méthode d’ailleurs validée par les autorités sanitaires ». Elle précise qu’ils permettent d’assurer la sécurité sanitaire des charcuteries en évitant le botulisme, en mentionnant d'ailleurs les « 71 cas de botulisme liés à la consommation de charcuteries élaborées dans le cadre familial ou artisanal, dont deux mortels1 » qui ont été signalés en France entre 2013 et 2016.

Une nouvelle taxe pour une filière déjà fragilisée

Quant aux études indiquant un danger à consommer des viandes contenant des nitrites, la Fédération rétorque que, selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), ils ne sont pas nocifs lorsqu'ils sont absorbés aux doses utilisées en tant qu'additifs alimentaires. Tout en précisant d’ailleurs que les fabricants français de charcuterie ont fait évoluer leurs pratiques pour optimiser leur utilisation : « Ils sont les seuls en Europe à s’être imposé une dose maximale d’utilisation de 120 mg de nitrites par kilo de produits à base de viandes, alors que la réglementation européenne fixe la dose maximale à 150 mg/kg ».

Enfin, elle pointe le danger que représente une nouvelle taxe pour une filière déjà fragilisée par la hausse des cours du porc liée à une forte demande de la Chine, ravagée par la Peste Porcine Africaine. Avant de prendre sa décision, l'Assemblée auraient demandé une évaluation des répercutions de cette taxe sur les activités de la filière. Affaire à suivre...

1 Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 18 février 2018

Pourquoi utilise-t-on des nitrites dans la charcuterie ? La réponse de la Fict en vidéo:

Mise à jour du 25/10/19 => cliquez ici

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