Tonnies, une reprise d’activité dans la lourdeur

21 juillet 2020 - Claire Walbecque

L’abattoir allemand Tönnies à Rheda‐Wiedenbrück a repris partiellement du service en fin de semaine dernière après un mois d’arrêt. Pour tenter d’absorber les nombreux excédents en élevage, le poids de référence a été alourdi. Mais la situation reste critique.

L'abattoir de Tönnies à Rheda‐Wiedenbrück a repris les abattages la semaine dernière après avoir été fermé pendant quatre semaines en raison de la découverte d’un large foyer de contamination au Covid-19. Au total, plus de 2 100 cas ont été découverts parmi le personnel. En plus d’un renforcement des gestes barrières, un nouveau système d’aération aurait été installé sur le modèle d’une technologie utilisée dans les salles d’opération, devant ainsi empêcher la circulation du virus.

crédit photo : Tönnies Fleisch

Vue aérienne du site d'abattage et de transformation de Rheda-Wiedenbrück de l’industriel allemand Tönnies Fleisch.

Un poids de base rehaussé

Seulement, avec cette fermeture, c’est en moyenne, 70 000 porcs par semaine qui n’ont pu être abattus. Cette réouverture, même partielle, est une bonne nouvelle pour la filière, mais il faudra du temps pour que l’outil retrouve sa pleine capacité d’abattage et encore plus pour résorber les retards accumulés. Pour compenser l’alourdissement des poids, l’entreprise a d’ailleurs adapté sa grille de paiement. Le poids de base a été augmenté de 7 kg pour passer de 93 à 112 kg, à partir du 23 juillet. Des ajustements de référence qualité ont également été réalisés, comme à l’outil de Weißenfels qui applique une grille légèrement différente. En raison de ce changement, il est probable que la série de cotation hebdomadaire du prix de Tönnies soit interrompue. Pour ne rien arranger, il semblerait que le battage médiatique autour de cette affaire ait une incidence négative sur la consommation de viande de porc en Allemagne, déjà en repli.  

Des cours chamboulés

En conséquence de cette crise sanitaire, les baisses de cours ont été exceptionnellement fortes les semaines passées en Allemagne, mais aussi sur les marchés européens voisins. La suspension du droit d’exporter vers la Chine de plusieurs abattoirs européens n’a d’ailleurs fait qu’aggraver les déséquilibres de marché. Aujourd’hui, les cours se sont globalement stabilisés. Néanmoins, la pression reste considérable, avec d’importantes quantités de marchandises qui se retrouvent sur le marché intracommunautaire alors que la demande ne décolle pas. Celle-ci étant également impactée par la crise sanitaire.

Source : Sus, Ifip et MPB

ZOOM
Réduction sensible des abattages

Sur les cinq derniers mois, beaucoup moins de porcs ont été livrés aux abattoirs allemands par rapport à la même période de l'année précédente. Selon les données préliminaires de l'Office fédéral allemand de la statistique (Destatis), un total de 22,56 millions de porcs a été abattu de janvier à mai, abattages domestiques compris. C'est environ 458 000 de moins qu'à la même période l'an dernier. Ce n'est qu'en mars que le volume d'abattage mensuel allemand a été plus élevé qu'en 2019. De fortes baisses ont été observées en avril (- 4,9 %) et en mai (- 7,0%). Le déclin de la population porcine a sans doute contribué de manière significative à cette situation, mais probablement aussi la fermeture des abattoirs liée au coronavirus.

 

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