Comptes de l’agriculture 2019 : le porc tire enfin son épingle du jeu

13 janvier 2020 - Emmanuelle Bordon

Source: Adobe Stock

Le porc en hausse. C’est ce qu’a annoncé la Commission des comptes de l’agriculture nationale (CCAN) après avoir examiné les résultats 2018 des exploitations et les comptes prévisionnels pour 2019, le 10 janvier. Après des tendances à la baisse en 2018, les volumes de production pour le porc sont ainsi légèrement en augmentation en 2019 (+1,2%), alors que le prix payé à la production (hors subventions) a lui fait un bond de 18,1 %. Dynamisé par une demande chinoise exceptionnelle sur fond de crise sanitaire sans précédent, le porc tire, cette année, son épingle du jeu. Et ce, dans un contexte agricole global plutôt grisonnant.

Le porc porte le prix

En effet, la production agricole baisserait de 2,0 % en valeur en 2019, avec un recul des volumes (-1,5 %) et des prix (-0,5 %). Même si la production animale, toujours en valeur, semble avoir un peu rebondi (+ 2,4 %), la production végétale aurait, elle, nettement diminué (– 4,8 %). Porté essentiellement par le porc, le prix de la production animale (hors subventions) augmenterait de 3,3 %. En revanche, la production animale a connu un léger recul en termes de volumes l’année passée : - 0,9 % au global, pour une baisse de 2,1 % en gros bovins, de 1,3 % pour les veaux et surtout, de 5,3 % pour les œufs. Quant aux prix payés à la production, seuls ceux du lait et des volailles vont croissant, avec respectivement + 3,4 % et + 3,5 %. Celui des gros bovins est stable et le veau baisse de 8 %.

Évolution contrastée pour le végétal

Mais c’est la production végétale qui connaît le plus fort recul. En cause, une surabondance de l’offre mondiale qui a pesé du côté des grandes cultures et les conditions climatiques défavorables de l’année 2019, qui ont fortement pénalisé la viticulture, en recul de 13,7 %. Les autres productions végétales obtiennent des résultats variables selon les productions : progression des rendements en céréales (sauf pour le maïs), mais baisse de la récolte de blé dur (- 13,8%) en raison d’une réduction des surfaces. Les récoltes d’oléagineux et de betteraves, pénalisées par la météo, sont aussi en baisse (- 21,7 % et – 6,9%), pendant que celles des fruits et des légumes sont en augmentation (+5,5 % pour les fruits, + 7 % pour les pommes de terre). Quant aux prix, ils subissent une baisse de 2,8 %, essentiellement due à celle du blé tendre (- 13,5%) et malgré un redressement des prix des oléagineux.

La production croît sur 2 ans

Si la production globale baisse en 2019, il faut cependant remarquer qu’elle augmente sur deux ans. En effet, le recul de l’année écoulée ne contrebalance pas la hausse qu’avait connu 2018. Ainsi, entre 2017 et 2019, la production augmente en valeur de 3,6 %, qui se décompose de la manière suivante : + 1,4 % pour la production animale et + 5,1 % pour la production végétale. La production animale décroît légèrement en volume (– 0,8 %) et les prix augmentent modérément (+ 2,2 %). Les volumes de la production végétale sont quasiment stables alors que les prix sont en nette hausse (+4,9 %).

Et les retraites, dans tout ça ?
En ce début d’année, l’actualité nationale est rythmée par les débats sur la réforme des retraites. Sur ce point, parmi les documents présentés à la CCAN, le compte social de l’agriculture montre que depuis 2010, l’ensemble des allocations vieillesse versées aux chefs d’exploitations est en baisse continue : 6,6 milliards d'euros en 2010 (en € constants) contre 9 milliards d’euros en 2019. Baisse expliquée par la diminution du nombre de pensionnés dans l’agriculture française.

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