Crise des prix : les syndicats et le collectif réagissent

8 novembre 2021 - Estelle POLETTE DE OLIVEIRA

Alors que les prix des matières premières flambent et que celui du porc dégringole, la FRSEA et les Jeunes Agriculteurs des Pays de la Loire exigent une prise en compte immédiate des coûts de production. De son côté, l’AOP Porc Grand Ouest appelle ses adhérents à se serrer les coudes.

Une application immédiate de la loi EGalim 2 ! C’est ce que réclament la FRSEA et les Jeunes Agriculteurs des Pays de la Loire dans leur communiqué commun du 3 novembre dernier. En effet, entre la chute vertigineuse du prix du porc, passant de 1,55 €/kg début juin à 1,23 €/kg en ce début de mois de novembre et l’envolée du prix des matières premières avec pour incidence un prix de l’aliment Ifip en hausse de 12,4 % atteignant les niveaux records de 2014, pour ces syndicats, cette situation n’est plus tolérable. « Avec un aliment à près de 300 € / t, il manque aujourd’hui 30 € / porc pour permettre aux éleveurs de couvrir leur coût de production », explique le communiqué. Et de poursuivre, « c’est une fois de plus l’éleveur qui doit jouer la variable d’ajustement ! Tout au long de la filière, les différents maillons conservent leur marge pour préserver leurs outils et demandent aux éleveurs de piocher dans leur trésorerie. »

Deux jours plus tard, c’est la toute fraîche AOP Porc Grand Ouest* qui réagissait dans son communiqué « Consolider le prix de marché et assurer les départs en élevages ». Un appel à l’ensemble des acteurs impliqués dans ce collectif à se serrer les coudes. L’occasion d’évoquer les trois principales priorités de l’AOP Porc Grand Ouest afin d’orienter ses actions :

  1. Résister sur le prix en confortant le collectif de filière pour promouvoir et valoriser Le Porc Français (LPF) en rayon. Les Organisations de Producteurs (OP) engagées dans le collectif interprofessionnel agissent pour monter en gamme en élevage, fournir des abatteurs performants et en recherche de valeur ajoutée. Elles agissent également pour obtenir des engagements de la distribution, de la salaison et de la Restauration Hors Foyer sur le LPF. Ces engagements doivent être tenus.
  2. Assurer la fluidité en élevage : alors que les OP tentent de tenir le cours français, la traditionnelle période de promotion de viande de porc, à venir, doit s’accompagner de programmes ambitieux de mise en avant des produits du porc en rayons. Les OP encouragent les distributeurs à s’engager dans cette mise en avant. Toute initiative de barrage à ces promotions et qui génèrerait des retards d’enlèvement en élevage devra être assumée par leurs instigateurs.
  3. Consolider la situation financière en élevage : les OP s’emploient à accompagner les éleveurs pour mettre en œuvre des moyens personnalisés, notamment en matière de trésorerie.

Par ailleurs, le groupe rappelle qu’il agit "au quotidien pour payer les porcs de [ses] adhérents en respectant le prix établi par le MPB en toute transparence. Il met tout en œuvre pour éviter la dérive d’une spirale baissière que tente d’imposer à tous un des industriels majeurs de la filière ". Néanmoins, si le cadran résiste, l’équilibre mondial ne permet pas de couvrir le coût de production.
* Les 10 Organisations de Producteurs membres de l’AOP Porc Grand Ouest : Agrial, Eureden, Evel’Up, Porélia, Porcinéo, Porc Armor Evolution, Porveo, Elpor, Syproporc, GRPPO

ELO Santé Nutrition

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