Dix groupements de l’Ouest signent l’arrêt de la castration

29 juin 2020 - Claire Walbecque

Dix organisations de producteurs du Grand-Ouest se sont engagées à arrêter la castration des porcelets au 1er janvier 2022, dans une circulaire adressée à leurs adhérents le 23 juin dernier. Si sa mise en pratique reste floue, nul doute que ce virage en direction de l’élevage de mâles entiers devrait rebattre les cartes au sein de la filière.  

Le mâle entier, la nouvelle norme en France ? Dix groupements de producteurs du Grand-Ouest, et non des moindres, se sont engagés à arrêter la castration à compter du 1er janvier 2022. Les membres signataires sont Agrial, Eureden, Elpor, Evel’Up, Porcinéo, Porélia, Syproporcs, Porvéo, Porc Armor Evolution et le Groupement Régional des Producteurs de Porcs de l’Ouest (GRPPO). Sans aucun signe annonciateur, cette orientation collective a été annoncée le 23 juin dernier via une circulaire envoyée aux éleveurs adhérents. Pour l’instant, trois orientations phares ont été définies, à savoir :

  1. « La production de référence de porcs charcutiers mis en marché par les OP sera une production issue d’élevages ayant arrêté la castration des porcelets ;
  2. Le prix de base sera un prix moyen s’appliquant à une population de porcs femelles et mâles entiers ;
  3. La qualité, en matière d’odeurs des carcasses de porcs mâles entiers, devra être mesurée en abattoir sous la responsabilité d’Uniporc-Ouest. Les coûts afférents à ce contrôle qualité seront financés via une cotisation dédiée portant sur les porcs charcutiers issus d’élevages ayant arrêté la castration ».

Pour rappel, les associations de vétérinaires SNGTV et AVPO avaient clarifié leur position concernant l’arrêt de la castration à vif des porcelets en 2021, suite aux déclarations de Didier Guillaume et à la publication de l’arrêté officiel du 24 février 2020. Pour eux, l’élevage de mâles entiers, avec ou sans immunocastration, est à privilégier.

Le mâle entier devient la référence

Aucune modalité concrète de mise en œuvre n’était abordée dans la circulaire où chaque mot semble d’ailleurs avoir été précieusement pesé avant emploi. Porcmag a par ailleurs sollicité plusieurs acteurs concernés directement ou indirectement par cette déclaration d’intention, en vain. S’il semble probable que la grille de paiement MPB/Uniporc - actuellement définie sur des mâles castrés et des femelles - soit modifiée, le montant des plus- et moins-values, les débouchés de marché ou bien les moyens mis à disposition des éleveurs ne semblent pas encore actés. Laissant ainsi bon nombre de questions, aussi bien techniques qu’économiques, sans réponse.

Autre flou : la position de leurs partenaires abatteurs, transformateurs et distributeurs, généralement (très) frileux vis-à-vis du risque de carcasses odorantes. Pour rappel, la principale technique de détection aujourd’hui utilisée en France et en Europe, est celle du « nez humain ». C’est aussi celle employée par la Cooperl.

Exceptions tolérées

Concernant la problématique de certains marchés aux besoins spécifiques, probablement liée aux poids lourds et à l’abattage tardif, les groupements signataires se sont tout de même laissés une marge de manœuvre. « Les organisations de producteurs pourront proposer et mettront en marché des porcs mâles castrés. Ces porcs mâles castrés relèveront d’un cahier des charges collectif conforme à la réglementation [NDLR : interdiction de castrer les porcelets à vif] », pouvait-on lire dans la circulaire. Il est aussi indiqué que ces porcs devront « bénéficier de plus-values » pour, on l’imagine, compenser les surcoûts liés à la prise en charge de la douleur. Des précisions seront sans doute à venir.

 

Voici la circulaire envoyée aux adhérents des dix groupements signataires.

Abonnement PorcMag

AUX CÔTÉS DES ÉLEVEURS, AU CŒUR DE LA FILIÈRE, OUVERT SUR LE MONDE

● La richesse des reportages terrain et des dossiers thématiques
● Les conseils des meilleurs experts en technique et en gestion
● De nombreux retours d'expérience et solutions pratiques

Profitez d'une offre découverte 3 mois