La castration des porcelets devrait être l’exception !

3 septembre 2021 - Yannick Le Bihan

Place au mâle entier ? C’est ce que préconiserait un projet de circulaire du ministre de l’agriculture. De quoi satisfaire l'association "Pour le bien-être animal porcin et la non castration des porcs" qui a publié, cet été, une vidéo questionnant sur le respect du bien-être animal en pratiquant la castration sous anesthésie.

Une semaine. C’est le délai laissé depuis le jeudi 2 septembre aux différents maillons en amont et en aval de la filière pour répondre au projet de circulaire d’application du décret interdisant la castration à vif des porcelets. Selon Ouest France, Julien Denormandie, le ministre de l’agriculture, aurait informé les différents acteurs de la filière porcine que « la castration avec anesthésie et analgésie ne sera autorisée que pour répondre au respect d’un cahier des charges imposé pour l’obtention d’un signe d’identification de la qualité et de l’origine, et lorsqu’un abatteur réclame une exigence de qualité […], compte tenu des débouchés du produit (sur la base) d’un contrat qui peut être collectif ».

Crédit : Adobe Stock


L’association « Pour le bien-être animal et la non castration des porcs », présidée par Jean-Jacques Riou devrait ainsi obtenir satisfaction. Elle s’était en effet interrogée cet été à propos de la conciliation entre le bien-être animal et la pratique de la castration sous anesthésie en publiant une vidéo sur Youtube le 19 août dernier. Un éleveur y est observé alors qu’il procède à la castration de ses porcelets selon le protocole envisagé en 2022 (sédation, injection d’un anti-douleur, anesthésiant local dans chaque cordon testiculaire puis castration). Le film décrit les diverses contraintes engendrées par le processus et interroge sur la réelle amélioration du bien-être animal.

Un temps de travail multiplié par 2,5 !

En publiant cette vidéo, l’association souligne deux problèmes majeurs. Le premier est celui de la durée du processus. L’éleveur a ainsi calculé que le temps nécessaire à la castration est de 2h30 au lieu d’une heure dans le cas d’une castration à vif. Le second point soulevé est celui de la réelle amélioration du bien-être du porcelet. Les multiples manipulations effectuées par l’opérateur pour saisir l’animal associées aux quatre injections semblent contradictoires avec le but recherché par la future réglementation sur le bien-être.

La date de promulgation annoncée au Space?

L’association exprimait clairement le souhait du maintien de la castration uniquement dans le cadre d'un cahier des charges et pour des besoins très spécifiques. « En aucun cas, la castration ne pourra être généralisable comme le souhaitent les abattoirs », martelait Jean-Jacques Riou. Ce dernier rappelait par ailleurs, l’intérêt économique de l’élevage de mâles entiers en expliquant « que le gain pour un élevage avec mâles entiers par rapport à un élevage avec mâles castrés sera de 10€ pour chaque (mâle et femelle) porc sorti de l'élevage ». Le président souhaitait donc qu’« en 2022, la non castration s'impose dans la majorité des élevages pour des raisons de bien être pour les animaux et pour les éleveurs ».
Si aucune date de promulgation du décret n’a été annoncée, certains comptent sur la venue du ministre au Space à Rennes (35) pour la dévoiler.

 

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