« Terrorisme vert » : bronca contre les animalistes bretons

28 mars 2022 - Rédaction Porcmag

Les réactions indignées n'ont cessé de pleuvoir après l'opération de destruction de céréales menée le samedi 19 mars près de Pontivy (56) par le collectif Bretagne contre les fermes usines. Une instruction judiciaire a été ouverte.

Crédit photo : Twitter @l_lebouille

Samedi 19 mars, près de Pontivy (56), une cinquantaine de militants du collectif « Bretagne contre les fermes usines », soutenu par le groupe Extinction Rebellion, ont arrêté un train de céréales destiné à une usine de nutrition animale. Après avoir ouvert les vannes, les militants ont laissé se déverser sur la voie du blé tendre arrivant de l’Indre, pensant qu'il s'agissait de soja. Selon l’interprofession Intercéréales, ce sont 1 500 tonnes de céréales qui ont été souillées. On évoque un préjudice de près de deux millions d’euros.

L’acte qualifié par le Conseil de l’Agriculture finistérienne (CAF) de « terrorisme vert » a indigné nombres de personnalités et d’instances. Julien Denormandie, ministre de l’agriculture a dénoncé un acte « inadmissible » et « totalement irresponsable ». « La filière céréalière française dénonce une action intolérable et alerte sur les conséquences que pourraient avoir ce type d’actions sur les consommateurs français ainsi que sur les populations des pays pour lesquels l’approvisionnement en blé est vital », indique Intercéréales dans un communiqué de presse. D’après l’interprofession il est important d’obtenir une prise de conscience collective de la situation et souhaite qu’une réunion d’urgence ait lieu avec le gouvernement afin d’assurer la sécurité de la logistique afin d’éviter que cela ne se reproduise. La filière céréale est la première utilisatrice de fret ferroviaire dans le pays.

« Il est temps de rendre des comptes »

De son côté le CAF dénonce encore, à l’instar du Conseil agricole régional : « une action scandaleuse de la part de militants déconnectés des réalités et agissant contre l'intérêt général ». Et de poursuivre : « il est déplorable que l’ensemble des membres du collectif dont Eau et Rivières mais également la Confédération paysanne légitime cet acte de terrorisme vert. »  L’organe, qui rassemble 34 organisations agricoles finistériennes sous la présidence de la FDSEA du Finistère, enfonce le clou : « Quand nos responsables politiques demandent à faire de la souveraineté alimentaire une priorité, soutiennent la nécessité de produire plus et de façon durable pour éviter ainsi les risques de famine, comment peuvent-ils financer en parallèle des associations qui ont choisi délibérément de casser la production? (…) Il est temps que ces associations, subventionnées par les deniers publics, rendent des comptes et soient sanctionnées pour leur soutien à ces actions illégales en toute impunité! »

Une information judiciaire a donc été ouverte à Lorient a-t-on appris le jeudi 24 mars auprès du parquet. Confiée à un juge d’instruction, cette information judiciaire vise notamment des faits d’«entrave à la mise en marche ou à la circulation de trains, […] dépôt de matériau ou objets quelconques dans l’enceinte du chemin de fer » et « dégradation de biens d’autrui, en réunion », a indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Lorient, Stéphane Kellenberger.

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