AG Elpor : « Tous les producteurs devraient être payés au prix juste »

5 juillet 2019 - Estelle POLETTE DE OLIVEIRA

Organisée à Andel (22) le 24 mai dernier, l’assemblée générale du groupement Elpor a été l’occasion de mettre en avant la  démarche Collectif Niveau 2 de Kermené et ainsi creuser de nouveau la difficile question du prix juste.

 

Maï Lanneshoa, Bertrand Houzé et Alain Favrel, respectivement directrice, président et vice-président du groupement Elpor.

Le prix juste. Juste pour les producteurs et juste pour les consommateurs. C’est le souhait qu’a formulé Bertrand Houzé,  président du groupement de producteurs Elpor, le 24 mai dernier lors de l’assemblée générale de sa structure. Un désir qui se  fait d’autant plus pressant que les résultats de l’année 2018 sont moroses. La promesse d’une intégration des coûts de  production dans les négociations commerciales exprimée lors des États Généraux de l’Alimentation n’est toujours pas au  rendez-vous. L’un des seuls cahiers des charges à prendre en compte ce critère est le Collectif niveau 2 de l’abattoir Kermené (voir Porcmag d’avril 2019), partenaire historique d’Elpor. Bertrand Houzé, qui y adhère, a donc souhaité le mettre avant lors de l’assemblée générale en invitant ses représentants (voir ci-dessous). L’occasion pour l’auditoire de formuler quelques mécontentements. Tout d’abord concernant l’interdiction, aux vétérinaires, d’entrer au sein de l’abattoir pour réaliser des prélèvements de poumons. Ensuite, concernant la répartition de la marge. « Kermené œuvre toujours avec respect envers les  éleveurs, ce qui n’est pas le cas de tous les opérateurs », se défend Bernard Chrétien, directeur du magasin E. Leclerc de  Pléneuf-Val-André (22). Et de continuer, « de la même manière, nous n’allons pas laisser mourir les charcutiers. Mais rappelez- vous que les périodes fastes sont les bonnes pour discuter ». Justement, le second axe de travail du président Bertrand Houzé pour tendre vers un prix plus juste est de participer à la création d’une AOP (Association d’organisation de producteur). Il  semble favorable à ce projet, sous, toutefois, quelques conditions :

  • que l’objectif soit d’assurer un prix rémunérateur pour les éleveurs et la pérennité de la production porcine en France ;
  • que l’autonomie de vente de chaque groupement soit conservée ;
  • qu’il n’y ait pas d’engagement de volume minimum au MPB ;
  • qu’il n’y ait pas de frais supplémentaire pour les éleveurs.

Néanmoins, il regrette « la pression qui est mise sur certaines OP lorsque leurs idées diffèrent ». Une façon d’appeler à la  tempérance, bien utile pour favoriser les échanges et trouver un terrain d’entente.

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30 CAMÉRAS DANS L’ABATTOIR KERMENÉ

Bernard Chrétien, directeur du magasin E. Leclerc de Pléneuf-Val-André (22) et Alain Basquin, directeur filière Kermené.

« En plus du travail qui est réalisé en élevage sur le bien-être animal, dans notre abattoir aussi nous avons engagé une démarche d’amélioration depuis août 2017 avec OABA (OEuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs). Concrètement, cela s’est  traduit par des audits réguliers, des formations supplémentaires de nos employés ou par des investissements pour modifier le parcours de l’animal et réduire le stress », explique Alain Basquin directeur filière Kermené. Et de poursuivre, « 30 caméras ont été installées. Elles filment en permanence tout le parcours des animaux, de leur arrivée jusqu’à l’abattage. Quatre personnes sont habilitées à visionner ces images. Nos salariés sont tous satisfaits de ce système. En plus de prouver que nos pratiques sont bonnes, il dissuade les personnes mal intentionnées d’entrer sur notre site ».

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