Guerres de voisinage : 60 000 euros de dédommagements pour cochons "bruyants et puants"

5 décembre 2019 - Elisa Taurin

Dans le département du Nord (59), des éleveurs porcins installés à Aniche ont été condamnés à verser près de 60 000 euros à des voisins, en raison des odeurs et du bruit de leurs animaux. Le samedi 30 novembre, près de 200 personnes ont manifesté à Douai pour dénoncer, selon eux, cette injustice.

Crédit photo: Joachim Saouli

Dans le département du Nord (59), des éleveurs porcins installés à Aniche ont été condamnés à verser près de 60 000 euros à des voisins, en raison des odeurs et du bruit de leurs animaux... Les plaignants se sont installés en 1988 aux abords de l'exploitation familiale, fondée en 1953. D’après les parents des actuels propriétaires, qui ont repris les lieux en 2016, il n'y aurait pas eu de problème jusqu'à la reprise. Ceux-ci soupçonnent que la vraie raison des poursuites soit un refus de la mairie d'accorder l'autorisation de transformer en lotissement une parcelle des plaignants, attenante à la porcherie.

Et ce n'est pas tout...

Au printemps 2017, les éleveurs sont condamnés à déplacer la porcherie sous quatre mois, avec 200 euros d'astreinte par jour de retard. Un délai trop court pour réaliser l'opération. Les exploitants font donc appel, mais le verdict n’est pas en leur faveur...le délai est raccourci à trois mois ! Après un pourvoi en cassation, un juge de l'exécution condamne les exploitants à 2 500 euros d'amende. Et suite à un appel des voisins plaignants et à la décision prise par le tribunal de Douai en septembre 2019, ce sont 58 700 euros de pénalités de retard qui sont dues. Une somme qui vient s'ajouter aux 100 000 euros déboursés par les éleveurs pour déménager la porcherie à Emerchicourt, à 3 km, et aux 30 000 euros de frais de procédure . Faute de soutien des banques, ils ont ouvert une cagnotte... « Cette décision, c'est de la folie ! S'il n'y a pas une négociation avec la partie adverse, les Delval sont condamnés à la faillite ! », alerte M. Meausoone, membre de l’Union agricole d’Avesnes. Il dénonce la « mise à mort » d'une exploitation qui emploie trois personnes et sert « un millier de clients en circuit court ».

Le samedi 30 novembre, portées par les JA 59 et la Fnsea59, près de 200 personnes ont manifesté à Douai pour dénoncer, selon eux, cette injustice.

Source: Facebook JA59
Source: Tweeter

Source : Le Parisien via La Voix du Nord, Pleinchamp via l'AFP

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