Steaks et lardons : l'arrêté suspendu

12 août 2022 - Françoise Foucher

Le Conseil d'État suspend le décret protégeant les dénominations des produits carnés. Les  organisations syndicales et professionnelles se disent « abasourdies devant une telle décision » et reprochent à Protéines France, à l’origine de ce recours, ce nouveau coup dur porté à l’élevage. 

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Dans un communiqué de presse commun, les organisations FNSEA, FNPL (fédération nationale des producteurs de lait), FNB (interprofession bétail et viande) et CFA (confédération française de l'aviculture) se disent « abasourdies » devant la suspension du décret paru le 29 juin dernier « encadrant l’utilisation des dénominations de denrées issues de viande et en particulier de porc, tels que le jambon, les saucisses ou encore les lardons ». Ce texte devait entrer en vigueur le 1er octobre.

Que veut France Protéines ?

Le recours émanait de l'association France Protéines.

« Sa suspension au motif que les entreprises n'ont pas le temps suffisant pour trouver de nouvelles terminologies pour vendre leurs produits nous sidère, réagissent les organisations. D’autant que le texte permet aux entreprises d’écouler leurs stocks jusqu'en décembre 2023. »

Elles rappellent que « ce décret qui interdit l’utilisation de dénominations traditionnellement appliquées aux produits carnés, telles que « steak », « jambon » ou « lardon » (...), avait même déjà été voté par la loi EGAlim 1 en 2018, avant d'être censuré par le Conseil constitutionnel pour des questions de forme. »

Elles s'interrogent : « Quelles sont les véritables motivations de Protéines France ? Les conséquences sur l’élevage ont- elles été mesurées ? Cela est d’autant plus surprenant que des entreprises membres de Protéines France existent grâce à l’élevage, un débouché local, historique et croissant de leur production. »

Un cadre clair d'étiquetage

FNSEA, FNPL, FNB et CFA estiment que « cette remise en cause d’une mesure de bon sens pour les filières et le consommateur est incompréhensible : Dans un contexte où l’élevage souffre déjà d’une flambée sans précédent des coûts de l’alimentation animale et de la sécheresse, certains voudraient-ils la disparition de l’élevage en France ? »
Elles concluent : « Tromper les consommateurs et développer un marché des protéines alternatives en s’appropriant le patrimoine culturel bâti par les éleveurs et l'ensemble des métiers de la filière n'est ni loyal, ni acceptable et encore moins durable. Il faut que cela cesse au plus vite ! Si la demande des consommateurs pour des protéines végétales augmente, la réponse devra se faire dans un cadre clair d’étiquetage de l’origine et respectueux des dénominations. »

Notons que cette décision prise en référé ne juge pas sur le fond de l’affaire, mais reconnaît seulement l’urgence du recours.

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