AG Afca-cial 2019 : la nutrition agit en faveur de la durabilité

12 juillet 2019 - Elisa Taurin

L’assemblée générale de l’Afca-cial s’est déroulée à Dijon le 28 juin. Au menu : la nutrition comme contributeur à la durabilité des filières animales.

Crédit : Adobe Stock

Lors de son assemblée générale organisée le 28 juin à Dijon, l’Afca-cial, qui fédère la quasi-totalité des acteurs français des métiers de la nutrition animale (additifs, prémélanges, aliments minéraux, aliments complémentaires et diététiques, aliments liquides), a organisé une table ronde sur le thème de la durabilité des filières animales. En effet, la durabilité est l’un des trois axes majeurs d’action formulés par le syndicat début 2018, avec la sécurité sanitaire des aliments et la nutrition santé & le bien-être animal. Entre un contexte de marché tendu (changement climatique, déforestation, véganisme, transparence sur les modes de production, …) et des exigences réglementaires croissantes incluant de nombreuses actions en faveur de l’environnement (accords de Paris, plan protéines, PAC), les productions animales sont sous pression. D’après l’Afca-cial, le secteur de la nutrition animale a un intérêt à explorer l’optimisation des formulations d’aliments sur des critères environnementaux, agit en faveur de la durabilité et doit le mettre en valeur. Quelques exemples ont été présentés autour de la table ronde.

L’analyse de cycles de vie pour objectiver

Crédit : Afca-cial

Selon Nicolas Martin, chef de département développement durable chez Ajinomoto, « grâce aux analyses de cycles de vie (ACV), il est possible de montrer que l’utilisation des acides aminés peut avoir des conséquences positives sur l’impact environnemental des produits d’origine animale ». L’ACV permet en effet une approche holistique, prenant en compte les impacts globaux d’un schéma d’agriculture. Elle apporte en outre une approche scientifique sur des sujets aujourd’hui très émotionnels. Concernant les matières premières minérales, une ressource indispensable à l'alimentation des animaux, Caroline Biard, responsable technique chez Phosphea, explique qu’il existe de forts enjeux en matière de durabilité, s’agissant de ressources épuisables “limitées”. « De ce fait, les producteurs de matières premières minérales conduisent de nombreuses recherches pour diminuer la pression existant sur ces ressources, en travaillant par exemple sur la composition (propriété chimique, interactions avec les autres intrants, digestibilité, rejets...), sur le recyclage (réduction des pertes et gaspillages) ou encore sur les procédés (consommation d'énergie…) », commente-t-elle. La nutrition animale joue aussi un rôle majeur dans la valorisation de coproduits de l’agro-industrie non consommables par l’homme. Ceux-ci s’intègrent ainsi pleinement dans une logique d’économie circulaire.

Atteindre 100 % d’approvisionnement durable

Duralim, la plateforme collaborative française pour l’alimentation durable des animaux d’élevage, a également été mise en avant. Elle représente un engagement fort des entreprises, depuis les fournisseurs de matières premières et additifs, en passant par les fabricants d’aliments composés, jusqu’à la filière aval, pour améliorer la durabilité de l’élevage via l’alimentation animale. Duralim comprend une démarche de progrès avec une implication individuelle de chaque entreprise suivant des indicateurs qui lui sont propres, ainsi qu’un engagement commun pour atteindre 100% d’approvisionnement durable avec un objectif zéro déforestation (2025) et zéro conversion (2030). En contre-partie, Duralim communique sur la durabilité de la nutrition animale pour le compte des entreprises engagées dans la démarche. « Nous passons un appel à nos adhérents pour qu’ils s’engagent dans Duralim », conclut Michel Layus, Président de l’Afca-cial, non sans pointer du doigt la disparité entre les enjeux de durabilité en France, en Europe ou à l’export, qui impacte le modèle économique agricole local, avec une concurrence “déloyale” du reste du monde.

Production française 2018 :

- prémélanges : 150 355 tonnes (dont 20 % destinés aux porcs), en baisse de 6,6 % par rapport à 2017

- aliments composés reconstitués correspondant : 31,1 millions de tonnes (dont 25 % destinés aux porcs), en diminution de 3,6 % par rapport à 2017

Commentaire de Michel Layus, Président de l’Afca-cial : « Notre marché français de la nutrition animale décroît semble-t-il inexorablement. La seule issue pour maintenir et développer nos capacités d’innovation, c’est l’internationalisation de nos activités, même si les firmes-services françaises ont déjà plus du tiers de leur activité à l'international. Mais encore faut-il que nous ayons accès aux marchés tiers qui sont en développement pour longtemps. Je pense en particulier au marché chinois qui ‘‘nous tend les bras’’, qui est demandeur du savoir-faire français. Sur ce sujet, nous avons franchi une étape mais la procédure est longue et la concurrence des autres pays européens certaine. Nous devons accélérer le mouvement et, pour cela, nous en avons appelé au ministre de l’agriculture. Désormais, cela se joue au niveau politique. »

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