La FNP soutient le mâle castré sur dérogation

14 juin 2021 - Estelle POLETTE DE OLIVEIRA

Réunis en assemblée générale vendredi dernier, les membres de la FNP ont débattu sur les moyens de répondre à la nouvelle réglementation concernant l’arrêt de la castration à vif au 1ier janvier 2022. Selon son président et contrairement à la volonté des abatteurs, la castration sous anesthésie doit être encadrée et devenir dérogatoire.

François Valy, président de la Fédération Nationale Porcine (FNSEA)

Sous dérogation. C’est la façon dont la Fédération Nationale Porcine (FNP) envisage la castration sous anesthésie à partir du 1ier janvier 2022. En effet, lors de son assemblée générale vendredi dernier, le syndicat a exprimé clairement sa position sur la délicate question de l’arrêt de la castration à vif : « La FNP est parfaitement consciente que, pour répondre aux diverses demandes des marchés, toutes les options doivent rester ouvertes (NDLR : castré sous anesthésie, mâle entier ou immunocastré). Pour servir aujourd’hui ces différents marchés, dont celui de la salaison sèche en France, il convient donc que la viande de mâles castrés et sa qualité particulière dans l’équilibre gras-maigre reste disponible », explique François Valy, président du syndicat. Et de poursuivre : « Face à la demande des marchés aptes à transformer des mâles entiers (ou des femelles) ainsi que des mâles castrés, la FNP demande que l’ensemble de la production intègre Le Porc Français et :
- que la grille du mâle entier (ou des femelles) devienne le socle de base et la référence du cadran ;
- qu’à partir de cette référence, l’approvisionnement dérogatoire en mâles castrés soit clairement différencié et organisé selon un cahier des charges et un contrat prenant en compte l’indicateur interprofessionnel coût de revient du porc départ élevage qui sera mis à jour, périodiquement, pour intégrer le surcoût de la castration, l’indice de consommation supérieur et le TMP inférieur »
. Une prise en compte des coûts et des performances technico-économiques qui pourrait éviter une distorsion de concurrence entre les éleveurs comme expliqué quelques jours auparavant par les membres de l’association Pour le bien-être porcin et la non-castration des porcs (voir article ici).
« Ces propositions vont dans le sens à la fois de la demande des marchés, de l’autonomie de décision des éleveurs, du besoin de visibilité économique que procure le contrat et du principe qu’une qualité particulière a un coût qui doit être valorisé », argumente l’éleveur syndicaliste.
Si cette levée de bouclier n’a pas fait réagir pour le moment les abatteurs, son objectif est principalement d’alerter le ministre de l’Agriculture, avant qu’il ne précise le cadre technique et règlementaire de l’arrêté de 2020 sur l’arrêt de la castration à vif.

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