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Allemagne : vers un mix énergétique où les méthnaisations flexibles compensent l'intermittence des énergies vertes

Après une politique tarifaire incitative dans les années 2000, l'Allemagne a, depuis 2014, décidé de brider la capacité de production de sa filière biogaz en limitant les aides pour les sites supérieurs à 100 kW électrique (kWél) et en imposant un maximum de 70 % de maïs dans la ration.
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  • Auteur : Yves Montjarret
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Photo Jean-Marc Onno AAMF
Avec Jean-Marc Onno, éleveur de porcs (56), coprésident de l'AAMF et gérant de l'EARL de  Guernequay (56).
Avec Jean-Marc Onno , éleveur de porcs (56), coprésident de l'AAMF, Association des agriculteurs méthaniseurs de France et gérant de l'EARL de Guernequay (56).

Après une politique tarifaire incitative, l'Allemagne a depuis 2014, décidé de brider la capacité de production de sa filière biogaz en limitant les aides pour les sites supérieurs à 100 kWél et en imposant un maximum de 70 % de maïs dans la ration.

En cause : l’industrialisation massive du secteur qui posait des problèmes environnementaux (pollution des eaux et fuites de gaz polluant) ainsi que l’accaparement des terres agricoles pour un usage exclusivement énergétique (14 % de la surface agricole allemande). Depuis, la guerre en Ukraine a éclaté et la politique énergétique allemande de dépendance au gaz russe a pris du plomb dans l’aile.

Le nouveau contexte géopolitique et énergétique signifie-t-il une résurrection de la filière biogaz allemande ou au contraire la politique de réduction des aides va-t-elle rester inchangée ?

Jean-Marc Onno : « Concrètement, il y aura peu de nouvelles installations et seules les petites unités inférieures à 150 kWél seront aidées. En revanche, la stratégie d’utilisation de l’énergie produite par le parc existant va évoluer. La guerre en Ukraine a été un détonateur pour accélérer le développement des énergies vertes. Pour 2030, les objectifs sont de multiplier par trois l’éolien dans le sud de l’Allemagne et par cinq le photovoltaïque avec notamment l’obligation d’installer des panneaux lors de la construction d’une maison neuve. Mais toutes ces énergies dites renouvelables sont intermittentes, notamment en hiver pour le photovoltaïque, et ne peuvent couvrir tous les besoins lors des périodes froides. D’où la nécessité de disposer de solutions intermittentes pour venir en soutien au réseau lors des pics de consommation et ainsi aller vers ce que les Allemands appellent un « mix électrique ». Cela va être l’un des nouveaux rôles des méthaniseurs allemands qui, rappelons-le, sont dédiés principalement à la production d’électricité par cogénération et non à l’injection du biométhane dans le réseau de gaz comme en France ! L’autre rôle sera la production de chaleur via des réseaux d’eau chaude. Le tout sous couvert d’une garantie d’origine assurant un impact positif sur le bilan carbone (CO2), l’assimilant ainsi à une énergie verte, à laquelle, les collectivités ont une obligation de se fournir. »

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