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Improvac testé sur des femelles de la filière Kintoa

Lors du congrès de l’AFMVP, Kilian Conreur , a présenté ses résultats de thèse portant, sur l’impact sur la qualité de la viande, d’une suppression immunologique temporaire de la fonction ovarienne chez des porcs femelles en croissance de race pie noir du Pays basque, élevées en plein-air.
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  • Auteur : Anne-Solveig ASCHEHOUG

De la même façon que pour les mâles, chez les porcs femelles, la vaccination contre la gonadolibérine (GnRF) consiste à utiliser le système immunitaire de l’animal pour produire des anticorps dirigés contre la gonadolibérine. L’objectif est d’induire temporairement la suppression immunologique de la fonction reproductive, ici ovarienne. Cela réduit la fréquence des gestations non souhaitées et limite le comportement sexuel associé.

Cette suppression immunologique réalisée avec le vaccin Improvac du laboratoire Zoetis est autorisée sur les porcs femelles depuis décembre 2021. Les travaux sont donc moins nombreux que chez les mâles.

L’étude a porté sur 78 élevages de la filière Kintoa de l’AOP pie noir du Pays basque, en deux lots. Un lot témoin de cochettes étaient non vaccinées. Ces animaux étaient issus de ces mêmes élevages ou d’autres élevages de la filière (123 élevages au total). Les effectifs des animaux étaient variables selon les critères mesurés de 186 témoins et 169 vaccinés au maximum à 19 témoins et 67 vaccinés au minimum.

Les animaux vaccinés ont reçu deux injections d’Improvac. La première injection a eu lieu à 18 semaines, puis une autre 28 jours plus tard et des rappels toutes les 12 semaines. L’étude s’est déroulée entre l’été 2021 et l’hiver 2022.

Les mesures du poids carcasse et du TMP ont été menées à l’abattoir de Saint-Jean-Pied-de-Port et dans les ateliers de transformation des éleveurs. Les observations datent ainsi de mai 2022 à août 2023.

L’auteur conclut que « la suppression immunologique temporaire de la fonction ovarienne avec Improvac ne modifie pas de façon significative la qualité de la viande de porcs femelle. Les animaux ont tendance à être plus lourds et plus gras avec une amélioration du persillage. »

Il fait remarquer les limites de l’étude : « les élevages de la filière Kintoa sont de petite taille avec des départs à l’abattoir d’un petit nombre d’animaux et trop peu d’animaux n’ont pas été vaccinés dans les élevages volontaires, contraignant à prendre des animaux témoins d’autres élevages de la même filière. L’étude s’est également déroulée sur une période longue avec des observations réalisées par des opérateurs différents. »

« Ces résultats, si imparfaits soient-ils, semblent néanmoins rassurants pour les éleveurs qui hésiteraient encore face à cette vaccination qui en termes de biosécurité est intéressante car elle supprime l’oestrus des cochettes et diminue d’autant le contact avec les sangliers », conclut Kilian Conreur.