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Nouvelle solution contre la leptospirose : retour d'expérience à l'élevage du Moulin

Après l’avoir longuement attendu, Sylvia et Bruno David de l’élevage du Moulin ont, dès le début de sa  commercialisation, mis en place le vaccin Porcilis® ERY+PARVO+LEPTO permettant une protection  contre la leptospirose. Rapidement, le taux de gestation a augmenté et les avortements ont cessé, permettant au troupeau de retrouver un fonctionnement classique, en bandes. Du côté économique, les premiers résultats montrent déjà un intérêt certain.
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Estelle POLETTE DE OLIVEIRA
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Sylvia David, gérante de l’élevage du Moulin et Céline Boisaubert, salariée.

Carte de visite

EARL Elevage du Moulin à Loscouet sur Meu (22)

  • 280 truies NE à 100 %

  • Conduite 7 bandes, sevrage 28 jours

  • Groupement : Elpor

  • Suivi vétérinaire : Jean-Marc Gueguen, Selas Deliavet (Garun Paysanne)

  • Génétique : basculement vers TN 70 (Topigs)

Le diagnostic était posé depuis 2017. C’est la leptospirose (Lepto)qui sévissait dans l’élevage de 280 truies naisseur-engraisseur de Sylvia et Bruno David, installés à Loscouët-sur-Meu (22). « Régulièrement, nous observions des pics d’avortements, atteignant parfois un à deux avortements par bande de 39 truies. Ils étaient accompagnés de troubles de la reproduction comme des soucis de venue en  chaleurs, des truies sales, des retours en chaleurs non cyclés… Cela était particulièrement pénible, car  de nombreuses truies étaient décalées dans la conduite en bande. Nous leur administrions du  Régumate pour les intégrer correctement dans une bande, mais parfois, si une truie avortait dix jours  après l’insémination, elle ne pouvait revenir en chaleurs que quatre semaines après au lieu de trois. Alors nous inséminions toutes les truies en chaleurs, quitte à ce que certaines soient décalées. C’était  vraiment le bazar. Nous avons même eu des truies qui ont mis bas en gestante… Et sur le plan sanitaire, les mélanges interbandes déstabilisaient tout le troupeau » , se souvient Sylvia David.

La leptospirose rapidement diagnostiquée

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Jean-Marc Gueguen, vétérinaire de la Selas Deliavet (Garun Paysanne), en charge du suivi de l’élevage du Moulin
En plus des symptômes, pour confirmer le diagnostic, Jean-Marc Gueguen, le vétérinaire qui suit cet élevage a fait réaliser dès 2017 des sérologies sur onze truies (environ 13 € l’unité). « L’échantillonnage doit être réalisé dans tous les bâtiments et sur tous les rangs de portée afin d’avoir une bonne vision d’ensemble. Ici, avec plus de 40 % des truies positives, j’étais persuadé que la leptospirose était la  coupable » , détaille le vétérinaire. Bien informés sur cette pathologie, les éleveurs savaient qu’il existait un vaccin contre cette maladie dans le reste du monde, mais qu’il n’était pas disponible en France. « Je  demandais régulièrement à mon vétérinaire si le vaccin était arrivé, en vain. Il ne restait que les  antibiotiques dans notre arsenal thérapeutique » , explique Bruno David avec déception. Alors, après  avoir remis à plat un certain nombre de paramètres comme les bonnes pratiques de vaccination en gestation (du vaccin contre la Rhinite qui peut être choquant pour les animaux) ou celles concernant  les inséminations, avec leur vétérinaire et le technicien coopérative Garun Paysanne, en 2018, les  éleveurs ont fini par tester la méthode curative aux antibiotiques.

Pas de garantie d'efficacité avec les antibiotiques

Une première antibiothérapie dans l’aliment gestante en mars et juin leur a coûté 5 320 € mais celle-ci  n’a pas été efficace. Ensuite, une seconde en poudre orale pendant sept jours autour de  l’insémination, pour un coût de 2 480 € a été essayée. « Nous avons observé une meilleure efficacité,  avec une réduction des retours en chaleurs, même s’ils restaient encore persistants. Le protocole était  contraignant et le produit particulièrement volatile ce qui nous dérangeait » , se souvient l’éleveuse.  Jusqu’au jour, où en décembre 2018, leur vétérinaire leur a annoncé la possibilité de mettre le nouveau  vaccin de MSD en place. Les éleveurs ont sauté sur l’occasion et ont vacciné les premières   truies dès janvier 2019.

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