Soja non OGM : le manque se fait sentir
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- Auteur : Elisa Taurin
Deux causes liées à cette pénurie
Ces tensions sur les marchés mondiaux ont deux origines selon eux : - Une demande très forte en soja standard, avec notamment certains acteurs comme les États-Unis et la Chine offrant des prix élevés aux principaux fournisseurs, le Brésil et l’Inde. Cela n’incite donc pas ces derniers à mettre en culture des variétés non OGM, qui offrent de moindres rendements. De plus, en Inde, des problèmes logistiques internes liés à la crise du Covid-19 compliquent l’export de matière première ; - Un développement des filières non OGM en Europe ayant entraîné dans le même temps une hausse significative de la demande en soja non OGM.
« Les raisons évoquées envoient donc le signal d’un risque élevé, à court terme, d’une rupture totale des approvisionnements », avertissent les deux syndicats. Selon eux, celle-ci pourrait durer a minima jusqu’en novembre, sous réserve notamment des bons résultats de la prochaine récolte indienne. Et d’ajouter : « Au Brésil, la situation est plus tendue et dépendra de la capacité à inciter les producteurs à remettre en culture du soja non OGM ».
Une substitution compliquée
Il est donc nécessaire pour les fabricants d’aliments de trouver des matières premières de substitution, mais là encore l’exercice n’est pas évident. Outre la difficulté à remplacer le tourteau de soja sur le plan de la qualité protéique et le renchérissement du coût de l’aliment lié à sa substitution par d’autres matières premières, les deux syndicats s’inquiètent « de l’impossibilité technique de respecter certaines spécificités des cahiers des charges, notamment ceux demandant l’absence d’OGM ». Et d’ajouter : « Du côté des approvisionnements français, les réductions de surfaces en colza prévues sur cette campagne, inférieures de 11 % à la campagne précédente et présentant le plus bas niveau depuis 1997 viennent aggraver la situation en termes de disponibilité en matières riches en protéines non OGM. » Par ailleurs, le tourteau de tournesol HP est rare et cher au niveau mondial.
Ainsi, la nécessité de renforcer l’autonomie protéique de la France se confirme, via des alternatives végétales mais peut-être également animales, si la Commission européenne ré-autorise l’utilisation des protéines animales transformées comme elle le souhaiterait à partir du troisième trimestre 2021.