Arrêt de la Castration : les propositions des syndicats

14 décembre 2020 - Florent HOFMANN

En réponse à l’arrêté du 24 février 2020, Inaporc planche sur la mise en place d’alternatives à la castration à vif des porcelets. Dans le cadre d’auditions, les syndicats d’éleveurs ont fait leurs propositions.

L’arrêt de la castration à vif fait beaucoup parler. C’est toute une filière qui doit se réorganiser depuis l’arrêté du 24 février 2020. Bien conscients des difficultés engendrées et pour faciliter la mise en place de ce changement, les syndicats du monde porcin soumettent des solutions :

 Pour la Coordination Rurale (CR) :

  • Le prix de base devra être un prix moyen s’appliquant à une population de porcs femelles et mâles entiers.
  • La qualité, en matière d’odeurs des carcasses de porcs mâles entiers, devra être mesurée en abattoir sous la responsabilité de l’organisme de pesée et de classement (ex : Uniporc Ouest)
  • Les coûts afférents à ce contrôle qualité ne devront en aucun cas être financés via une cotisation prélevée aux éleveurs.
  • Les coûts afférents à ce contrôle qualité devront être financés par les abattoirs et l’État pendant au moins trois ans, le temps pour les éleveurs d’organiser leur travail et de gérer les contraintes techniques.
  • Aucune pénalité ne devra être affectée aux mâles odorants pendant au moins trois ans.

Par ailleurs, face à l’allègement des carcasses que va nécessité la production de mâles entiers, la CR souhaite « être associée au travail sur le changement de grille ou/et de paiement des porcs aux éleveurs. »

Enfin, elle demande à ce qu’une partie de la production d’animaux castrés soit maintenue sous anesthésie et/ou en immunocastration. Elle préconise que cette seconde technique soit à l’initiative du choix de l’éleveur et qu’une étude soit menée auprès des consommateurs sur l’acceptabilité de la viande des porcs immunocastrés.

La Fédération Nationale Porcine (FNP)

Du côté de la FNP, on préconise également de la souplesse et de l’écoute : « On ne va pas faire un produit pour lequel on n'a pas d'acheteurs. Ce sont eux les maîtres de la solution à apporter » déclare François Valy, président de la fédération. Et d’ajouter : « Idéalement, c'est le mâle entier qui est préféré, notamment dans le Grand Ouest, pour ses atouts technico-économiques. Mais dans les autres régions, avec la fabrication de charcuteries sèches et le besoin d'animaux plus lourds, plus âgés ou bio, ce type de conduite n'est pas envisageable pour le moment. » Il souhaite donc l’instauration de plusieurs alternatives et que dans chaque exploitation, le choix soit fait en concertation entre l’éleveur et son interlocuteur de l’aval.

Il précise que les industriels connaissent des difficultés dans la transformation du mâle entier, notamment sur le taux de ressuyage et que ces derniers réclament pour la charcuterie sèche le gras présent dans les mâles castrés.

La FNP attend elle aussi une modification de la grille de paiement et propose des plus-values sur les mâles castrés pour payer les surcoûts liés à sa production. De plus, elle demande à ce que les abatteurs paient le fait de refuser les mâles entiers, c’est-à-dire une compensation des frais d’anesthésie ou des pertes de performances techniques.

Comme ses confrères, la FNP demande l’intervention d'Uniporc Ouest ou autres PCM (Pesées, Classement, Muscle) pour « garantir l'objectivité et le bon fonctionnement de la détection d'odeurs, via la méthode du nez humain. »

Enfin, le président de la FNP demande de l’unité chez les éleveurs et rappelle l’importance des échanges avec l’aval.

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