Greenpeace: « le gouvernement reconnaît sa responsabilité face à la déforestation mais se trompe de solution »

2 septembre 2019 - Claire Walbecque

Alors que l'Amazonie brûle, Greenpeace rapporte que le gouvernement admet une part de responsabilité dans cette catastrophe environnementale liée à notre dépendance au soja sud-américain. Une volonté de développer la production de soja sur notre territoire s'affiche de plus en plus, mais laisse néanmoins sceptique les écologistes...

Faisant écho au fait que la France importe massivement du soja d'Amérique du Sud pour nourrir ses animaux d'élevage, Greenpeace a annoncé qu' "Emmanuel Macron a reconnu la “complicité” de la France concernant les incendies qui ravagent actuellement l’Amazonie" le mardi 26 août dernier. Le président aurait rappelé que " cette catastrophe environnementale était directement rattachée à notre dépendance au soja sud-américain ". En revanche, l'Organisation internationale indique qu'aucun levier d'action concret n'a pour autant été mis en place.

Solution(s) concrète(s) demandée(s)

Source: Adobe Stock

 Chaque année, la France importe environ 3,5 Mt de tourteaux de soja pour l’alimentation du bétail. En 2018, 400 000 t de soja ont été produite en France.

Selon elle, « Emmanuel Macron espère changer la donne en défendant une volonté de produire ce soja sur le territoire français et européen ». En réponse, Suzanne Dalle, chargée de campagne Agriculture chez Greenpeace, rappelle qu’il est « irréaliste de penser que nous pouvons produire nous-même tout le soja importé en France. Il faudrait que l’on y consacre la totalité des terres agricoles du Morbihan, des Côtes d’Armor et du Finistère ! ». Avant de préciser : « Acquérir une souveraineté protéique, si chère au Président français, ne pourra se faire qu’en réduisant notre production de viande, d’œufs et de produits laitiers. Il faut transformer notre système d’élevage industriel, aujourd’hui à bout de souffle, et favoriser un modèle d’élevage autonome et économe, aux antipodes du modèle des fermes-usines ».

Ainsi, Greenpeace considère que « le gouvernement s’obstine à proposer de fausses solutions à travers un plan protéines végétales * qui n’interdit pas l’importation de soja, alors que des moyens concrets existent ».

Par ailleurs, l'Organisation militante précise que la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI), dont s'est dotée le gouvernement l'année dernière, « ne comporte aucune mesure contraignante, mais prévoit de mettre un terme à la déforestation générée par l’activité de la France d’ici… 2030 ». Selon elle, cette liste, en l'état, constitue donc « une simple liste de bonnes intentions ».
Ainsi, Greenpeace France « exhorte le gouvernement à se conformer à ses engagements en ne laissant plus entrer aucune matière première ou produit transformé issus de la déforestation, de la dégradation des forêts ou de la conversion des écosystèmes naturels ».


* Le plan protéines végétales (PPV) a pour objectif de réduire la dépendance de la France aux importations de protéines. Le prochain PPV doit être présenté en septembre.

A noter :

En juin dernier, Greenpeace a publié un rapport intitulé « Mordue de viande : l’Europe alimente la crise climatique par son addiction au soja », sensé démontrer comment l’élevage industriel et la surconsommation de viande en Europe engendrent des phénomènes massifs de déforestation et de destruction d’écosystèmes précieux en Amérique du Sud via la culture du soja.

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