Sanders a soif de graines protéagineuses françaises

27 septembre 2021 - Elisa Taurin

Déjà premier utilisateur de tourteaux de soja, de tournesol et de colza origine France, dont il produit une partie, le fabricant d’aliment Sanders a bien l’intention d’augmenter ses consommations à l’avenir. Seul frein pour le moment : le manque de matière première.

Crédit : Adobe Stock

38,5 %. C’est la part de protéines (tourteaux de soja, tournesol, colza) d’origine française utilisées par Sanders, soit 250 000 tonnes sur les 650 000 tonnes de tourteaux dont se sert chaque année le fabricant d’aliments. Et il entend bien la faire progresser. « Nous nous félicitons des dispositions du Plan Protéines annoncé, qui doit favoriser la production et la transformation des protéines locales, mais aussi répondre à la demande des éleveurs pour une alimentation durable et diversifiée », a déclaré Philippe Manry, directeur général de Sanders, lors d’une conférence de presse organisée sur le Space le mercredi 15 septembre dernier.

Avec son organisation en 14 territoires sur la métropole, ses 24 usines de fabrication d’aliments et ses six outils de trituration pour la production de tourteaux, l’entreprise réaffirme sa volonté de travailler à l’échelle locale. En Bretagne, par exemple, Sanders propose aux éleveurs de collecter les graines de colza produites sur leur exploitation, de les triturer à l’usine de Saint Gérand (56), puis de leur livrer la solution Mega Colza pour l’alimentation de leurs animaux. « Cette solution valorise, en circuit court, la graine produite par les clients éleveurs, améliorant ainsi leur autonomie alimentaire. Sur le plan nutritionnel, Mega Colza leur garantit une concentration énergétique de la ration favorable à l’amélioration des performances techniques », affirme Dominique Breton, directeur zone Bretagne chez Sanders.

Augmenter encore la capacité de trituration

Aujourd’hui plus grosse utilisatrice de protéines (tourteaux de soja, tournesol, colza) françaises, l’entreprise est également le premier producteur de tourteaux parmi les fabricants d’aliments en France, avec près de 100 000 tonnes produites annuellement dans ses propres outils industriels. Pour compléter, Sanders se fournit chez Saipol (Groupe Avril) pour 120 000 tonnes et achète le restant à d’autres opérateurs français. « Notre objectif est d’augmenter encore nos volumes pour favoriser notre autonomie », explique Philippe Manry. L’extension en cours de l’usine Sojalim de trituration de graines de soja 100 % origine France, basée à Vic-de-Bigorre (65), augmentera la capacité de l’unité de 25 000 à 50 000 tonnes dès mai 2022. Par ailleurs, la création d’un outil industriel supplémentaire devrait être officialisée courant 2022.

De gauche à droite : Dominique Breton, directeur zone Bretagne, Sophie Thouénon, directrice filières bio, Philippe Manry, directeur général et Jean-Côme Lagrée, directeur zone Ouest

« Nous sommes organisés pour transformer et valoriser les graines chez les animaux. A présent, il nous faut plus de graines. Pour cela, nous essayons d’emmener des partenaires de l’amont et de l’aval sur un projet de filière », commente le directeur général. Sanders n’aurait rien contre utiliser uniquement des protéines françaises à l’avenir mais ne se fixe pas d’objectif à ce propos, car cela dépendra plutôt de contraintes agronomiques et des surfaces disponibles. Cette stratégie intègre évidemment aussi la filière biologique. « Aujourd’hui, sur les 31 000 tonnes de graines de soja, de tournesol et de colza bio utilisées par l’entreprise pour la fabrication de ses aliments bio, 23 000 tonnes sont d’origine France, soit 75 % », détaille Sophie Thouénon, directrice filières bio chez Sanders. Et d’ajouter : « Nous allons poursuivre l’augmentation de notre capacité de production industrielle pour répondre aux besoins de l’alimentation animale bio, toutes espèces confondues. » Mais là aussi, il faudra davantage de graines bio à triturer. D’autant plus qu’au 1er janvier 2022, les aliments bio ne pourront plus intégrer les 5 % de matières premières riches en protéines conventionnelles acceptés jusqu’à présent.

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