SCEA de la Tremblaie et Terrena : 4 aliments, une nouvelle gamme et des courbes revues

8 février 2021 - Florent HOFMANN

La SCEA de la Tremblaie a investi dans une stratégie nutritionnelle composée de quatre aliments pour les truies, orientés à la fois vers la performance et la santé, les deux thématiques récemment retravaillées par Terrena pour sa nouvelle gamme. Les courbes ont également été adaptées. Résultat une bonne maîtrise de la fréquence d’apparition des porcelets chétifs en parallèle d’une taille de portée grandissante.

En haut, de gauche à droite, Mathias David, responsable de l’élevage, Jean Charles Besnard, chef produit nutrition porc Terrena, Maxime Camus, apprenti, Loïc Le Marchand, technicien Terrena, Cédric Buchot, salarié. En bas, Olivier Garry, adhérent et cogérant de la maternité collective, et Ophélie Guémas, salariée. Absent : Noël Talvard, Jessica Lottin.

Ni deux, ni trois… ce sont bien quatre aliments qui sont distribués aux reproductrices de la SCEA la Tremblaie, une maternité collective de 980 truies située à Parné sur Roc (53). Une direction qui exprime clairement l’ambition des éleveurs à rechercher la performance. Lors de l’évolution des gammes de Terrena, le groupement et fournisseur d’aliments de l’élevage, ils se sont donc naturellement orientés vers des aliments favorisant les résultats techniques, sans oublier de préserver la santé des truies. Quelques mois plus tard, les quantités d’aliments ont également été adaptées. L’objectif : répondre plus précisément aux besoins des femelles et accompagner leur augmentation de prolificité afin d’éviter l’apparition d’un trop grand nombre de porcelets chétifs.

Pascal Réauté, adhérent et cogérant de la maternité collective.

« Les résultats stagnaient depuis trois ans à environ 16,3 nés totaux. En parallèle, nous observions de l’hétérogénéité sur les porcelets au sein des grosses portées, mais aussi aléatoirement entre les rangs et même d’une bande à l’autre, avec des phénomènes de vagues », se souvient Olivier Garry, l’un des cogérants de la maternité. Si depuis le passage en cases balance en 2015 les éleveurs avaient régulièrement recours à une pouponnière, ils souhaitaient tout de même maintenir un nombre important de porcelets sous les mères, avec parfois 17 nouveau-nés de trois semaines de vie sous les cochettes. Par ailleurs, le passagede certains adhérents de la maternité en cahier des charges « Bien produire, bien consommer » induisant une production sans antibiotique dès la naissance a également contraint les éleveurs à mieux gérer les porcelets de petit gabarit, enclins à être traités avec ces molécules.

Avec 920 truies, la SCEA de la Tremblaie est une maternité collective qui produit environ 27 000 porcelets par an pour ses dix adhérents.

Combiner les prémix « santé » et « performance »

De son côté, Terrena proposait sa nouvelle gamme d’aliments Ineo (voir encadré). Le choix s’est porté vers :

  • Ineo GestaTop lors du premier et du dernier tiers de gestation, verraterie incluse : un aliment concentré permettant la reconstitution des réserves et la bonne croissance des fœtus en fin de gestation.
  • Ineo OptiGest, un aliment déconcentré, lors du deuxième tiers de gestation qui couvre simplement les besoins.

Le péri mise-bas Ineo GestaTonic, orienté « santé », est ensuite distribué de l’entrée en maternité jusqu’à environ deux jours après la mise-bas. Enfin, c’est Ineo Lacta Star qui prend le relais pendant la lactation. Avec les orientations « performance » et « santé » de ces formules, les éleveurs ont fait le choix d’aliments haut de gamme, en adéquation avec leur volonté de faire progresser encore les résultats. Mais il faut dire qu’à la SCEA de la Tremblaie, les performances sont suivies de près et les équipements présents étaient déjà adaptés à cette conduite alimentaire. En effet, réalisant régulièrement des essais pour la firme service CCPA et pour Terrena, l’exploitation était déjà équipée de sept silos, soit trois de plus que ce qui était normalement nécessaire. De nombreuses pesées individuelles de porcelets sont également réalisées, permettant un suivi précis des performances, en plus des indicateurs traditionnellement retrouvés dans la GTTT.

Une quatrième courbe pour les truies

Seulement quelques mois plus tard, en avril 2020, alors que le nombre de nés totaux avait bondi de près d’un demi-porcelet par portée, c’est le plan d’alimentation qui a fait l’objet d’aménagements. En effet, l’analyse des pesées des nouveau-nés a montré un repli de 38 g du poids moyen individuel de naissance à chaque porcelet né supplémentaire, avec des répercussions directes sur les pertes sur nés totaux. Il fallait donc mieux accompagner l’augmentation de prolificité pour éviter l’accélération du nombre de porcelets chétifs. Une courbe a justement été ajoutée pour les truies hyper prolifiques (supérieur à 17 nés totaux), celles ayant un risque élevé de mortinatalité ou celles qui allaitent un grand nombre de nouveau-nés (voir graphique n° 1). L’écart le plus marqué est de 250 g d’aliment supplémentaire par jour sur le dernier tiers de gestation, à partir de 83 jours.

Les objectifs : 1) combler un besoin plus important de ces truies et ainsi booster la croissance fœtale en fin de gestation et 2) éviter la perte de muscle des reproductrices avant la mise bas, qui engendre l’apparition de porcelets à retard de croissance intra-utérine et s’avère particulièrement pénalisante pour les cycles suivants. Cela implique en revanche de les classer une par une et de leur attribuer la courbe la plus adaptée.

À noter également : au sevrage, les femelles les plus maigres sont identifiées et bénéficient d’un complément d’aliment lactation distribué manuellement.

Moins d’hétérogénéité dans les grandes portées

Six mois après, les premières bandes ayant profité de l’ensemble de ces ajustements (nouvelle gamme d’aliments et nouvelle courbe) montrent des résultats concluants. Le coefficient de variation de poids individuel intra portée (CV) est resté stable, voire a légèrement baissé (21,4 % en 2018 vs 21,2 % en 2020) (voir graphique n° 2). « Néanmoins, une étude plus fine menée sur les grandes portées montre une amélioration plus marquée de ce critère, de plus d’un point. Les changements de conduites alimentaires ont donc permis de maîtriser la hausse du CV, c’est-à-dire l’hétérogénéité, pour les truies hyperprolifiques », explique Jean Charles Besnard, chef produit nutrition porc Terrena. En résultent des pertes sous la mère mieux maîtrisées et des sevrages plus lourds dans les portées nombreuses (graphique n° 3). « Au global, c’est bien homogénéité qui a été améliorée et cela reflète un meilleur état des truies, une meilleure production laitière et une meilleure vitalité des porcelets », affirme Loïc Le Marchand, technicien Terrena qui suit l’élevage. À noter également, le taux de morts nés a lui aussi reculé de 1,3 point, découlant d’un nombre de porcelets chétifs moins important et d’une meilleure vigueur des nouveau-nés. En revanche, du côté des pratiques, le nombre d’adoptions n’a pas été réduit, ni celui des porcelets placés en nounou. Des mouvements qui s’avèrent pénalisants pour les GMQ sous la mère et pour le temps passé en maternité. Néanmoins, les éleveurs, équipés récemment de nouvelles salles de nurserie, estiment pouvoir sauver un grand nombre d’animaux avec cette méthode et ne voient pas ce point comme une contrainte. Finalement, adapter sur les plans qualitatifs et quantitatifs les apports nutritionnels au plus près des besoins relève d’une certaine logique. Mais pour l’intégration d’un aliment supplémentaire, c’est souvent l’obstacle de l’équipement qui doit être franchi. Un investissement qui peut s’avérer rentable si les résultats sont au rendez-vous, comme c’est le cas à la SCEA de la Tremblaie où il reste encore des silos disponibles. Alors, à quand l’ajout d’un cinquième aliment ?

 

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La nouvelle gamme d’aliments pour reproductrices de Terrena

Jean-Charles Besnard, Chef produit nutrition porc Terrena.

Pour la refonte de sa gamme d’aliments reproductrices, l’équipe nutrition Terrena a souhaité prendre pour référence les attentes des éleveurs, à savoir les deux principaux axes « performance » et « santé » qui se déclinent en deux prémix « Sow’Perf » et « Sow’Mune ».
Globalement, d’un point de vue formulation, l’énergie nette et les concentrations en acides aminés (aa) et en phosphore disponibles ont été revues. Spécifiquement, la concentration en calcium des formules péri-mise bas et lactation a été adaptée pour une bonne tonicité de la mise-bas.

De la même manière, la typologie et la quantité de fibres apportées ont été travaillées afin de mieux gérer la flore intestinale en péri mise-bas et d’améliorer le transit. Du côté de lamicro-nutrition ce complexe orienté « santé » rassemble plusieurs additifs et éléments nutritionnels favorisant l’immunité et la résilience des reproductrices : prébiotiques, probiotiques, oligoéléments chélatés, bétaïne (pour le fonctionnement hépatique), antioxydants (Vit E et C) et d’autres vitamines comme les B9, B6 et B12 pour favoriser la vascularisation du placenta et ainsi apporter un maximum de nutriments aux embryons. « Plus la portée est grande, plus de débit sanguin par fœtus est réduit. Il est donc important de maximiser la vascularisation. Des essais en station ont d’ailleurs montré un moindre taux de mortalité des porcelets avec ce type d’apport », explique Jean Charles Besnard de Terrena.

Des extraits de plantes à base de Scrutellaria Baicalensis amélioreraient également la production laitière par une meilleure activité des cellules épithéliales mammaires. Ils sont également présents dans le complexe Sow’Perf dans lequel différentes enzymes comme celles de la valorisation des fibres, viennent s’ajouter. En fonction de leurs besoins et de leur stratégie, les éleveurs pourront décider de l’orientation qu’ils souhaitent avoir sur leurs aliments gestantes et allaitantes. Pour les truies gestantes, ils pourront également s’orienter vers un plan composé d’un aliment unique ou d’un biphase. Pour compléter cette offre, le service nutrition Terrena propose aussi deux services : Elixir Sow, un outil pour la mise en place de plans d’alimentation en fonction des objectifs d’état d’engraissement et des performances, et le diagnostic mortinatalité, qui permet d’analyser les causes de la mortinatalité pour mieux les anticiper.

 

 

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