Le top 10 des défauts de ventilation

5 octobre 2020 - Claire Walbecque

Après plus d’une centaine de diagnostics ventilation réalisés en production porcine par Tell-Elevage, Jean-Luc Martin, fondateur de l’entreprise, présente pour Porcmag le top 10 des points d’amélioration des systèmes les plus fréquemment observés sur le terrain. L’ordre des points évoqués représente celui du circuit de l’air dans un bâtiment.

1) Mauvaise influence du vent en amont des entrées d’air générales

Source: Ifip

Pour lutter contre les vents dominants, l’installation d’un par vent est parfois nécessaire.

Parfois, les entrées d’air principales des bâtiments, qu’elles soient installées en pignon haut, en milieu de toit ou même au sol, sont trop exposées aux vents. Le circuit d’entrée d’air peut alors être fortement perturbé et même changer de sens de circulation. L’installation de systèmes de protection permet de limiter le problème.

 

 

 

Source : Tell-Elevage

L’utilisation d’une caméra thermique permet de détecter des défauts d’étanchéité.
 

2) Mauvaise étanchéité de la salle
Une entrée d’air parasite modifie la circulation d’air initialement prévue lors de la conception du bâtiment. Ceci engendre une hétérogénéité d’ambiance dans la salle, avec tous les risques que cela implique (pathologie, troubles du comportement...). Que ce soit au niveau des fenêtres (sécurité thermique qui se referme mal), du plafond (joint de silicone abîmé), autour des trappes de conduite de lisier ou même sous la porte (absence de balais), chaque source potentielle d’entrée d’air parasite doit être contrôlée.

3) Irrégularités des entrées d’air dans la salle

Observé toute l’année quand la ventilation est inférieure à 25 %, ce point d’attention s’adresse particulièrement aux systèmes trappes et poteaux, mais aussi lorsque les entrées d’air dites fixes (trous, fentes…) sont mal conçues ou mal misent en œuvre. Il est important de contrôler que le réglage des ouvertures au débit mini de toutes les « trappes » d’une salle soit identique afin d’assurer une homogénéité d’ambiance. Par ailleurs, un bon réglage des entrées d’air au plus près des besoins en hiver permet d’assurer une vitesse d’air suffisante pour un mélange optimum de l’air froid et de l’air chaud. Celui-ci contribue également à la formation de bonnes boucles d’air.

4) Zones de vie non ventilées

L’écart entre deux entrées d’air de type « trappe » ne doit pas être supérieur à deux mètres afin d’assurer une diffusion d’air homogène et suffisante dans la salle.

La bonne répartition des entrées d’air dans la salle est un point important à respecter pour assurer une ambiance homogène. De plus, si des obstacles (néons, tuyaux d’eau ou de soupe) se trouvent devant le flux d’air entrant, les circuits d’air sont perturbés, créant à la fois des retombées d’air froid et des zones de vie non ventilées. La position des volets d’extraction impacte également l’ambiance générale. Ils doivent être centrés et installés à équidistance.

 

 

 

 

5) Minimum de ventilation mal adapté

Source: Scea de Kermerrien

Le débit minimum équivaut à un débit « hydrique » et correspond au débit nécessaire pour évacuer la vapeur d’eau produite par les animaux.

Lorsqu’un minimum de ventilation est trop faible, l’air entrant ne pourra pas suffisamment absorber les vapeurs d’eau rejetées par les animaux. A l’inverse, quand il est trop fort, les vitesses d’air sont trop élevées sur les animaux et des difficultés à maintenir la bonne température dans la salle apparaissent. Pour rappel, le minimum de ventilation, défini en pourcentage sur le boîtier par rapport à la puissance des ventilateurs, doit être cohérent en fonction du nombre d’animaux présents dans la salle et de leur stade physiologique.

6) Retombées d’air froid sur les animaux
Des obstacles placés en amont et/ou en aval d’une entrée d’air peuvent perturber les circuits et provoquer des retombées d’air froid sur les animaux. On cherchera toujours à diriger le flux de sorte qu’il utilise le matelas d’air chaud situé au plafond afin de valoriser les calories. Pour cela, une gestion précise et un contrôle optimal des vitesses d’air sont primordiaux.

7) Vitesses d’air trop importantes sur les animaux
De mauvais réglages au niveau des boîtiers comme une plage trop courte qui donnerait des à-coups dans la ventilation, des obstacles devant les entrées d’air ou même un type d’entrée d’air non adapté, peuvent perturber les circuits. Or, des boucles d’air instables sont synonymes de vitesses d’air sur les animaux, avec toutes les conséquences néfastes que cela implique.

8) Mauvaises prises de données d’ambiance

Source : Tell Elevage

La sonde de température intérieure de la salle est mal positionnée (hors de la zone de vie des animaux), trop haute et située juste devant une entrée d’air (à moins de 4 m).

La sonde de température doit refléter au mieux celle ressentie par les animaux. Pour éviter une mesure biaisée, il ne faut pas la positionner au-dessus du couloir (zone froide), ni à côté d’une source de chaleur (radiant) ou au niveau d’une entrée d’air. Elle doit être placée au plus près d’eux. A surveiller également : l’état général (oxydation des connexions) et l’étalonnage des sondes.

 

 

 

 

9) Mauvaise courbe de ventilation (0 à 100%)
La bonne progressivité du débit de ventilation (de 0 à 100%) est primordiale pour les animaux. La vitesse d’air qu’ils subissent en est directement proportionnelle. Or, des différences entre les vitesses d’air mesurées, optimales et théoriques sont parfois observées. L’ajustement de cette progressivité est à faire systématiquement sur un bâtiment neuf, mais aussi à chaque transformation attenante à la ventilation (entrées d’air, gaines, sortie d’air…).

Source: Ifip

Les vitesses d'air peuvent être mesurées à l'aide d'un anémomètre. Pour rappel: débit = vitesse x section.

10) Débits réels obtenus trop faibles

Il s’agit principalement de problèmes de conception (section de gaine, puissance des ventilateurs, implantation de bâtiment…). En effet, un mauvais dimensionnement des installations, que ça soit en entrée ou en sortie d’air, ou un cumul de pertes de charge trop importantes sur la globalité du bâtiment peuvent engendrer des débits réels insuffisants par rapport aux besoins de renouvellement d’air des animaux.

 

 

 

 

 

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