PIC sélectionne sur les caractères économiques et le bien-être animal

12 septembre 2022 - Justine Bonnery

Pic renforce sa présence en Espagne, ici sur le chantier du futur centre d'insémination.

« Une approche holistique », c’est le fer de lance du leader mondial PIC pour sa sélection, opérée en quatre grands axes : la productivité du cheptel truie, la croissance et l’efficacité alimentaire, la robustesse et la valorisation de la carcasse. « Ces domaines sont liés les uns aux autres, mais la croissance et l’efficacité alimentaire sont vraiment une chose à part entière du programme de sélection PIC », indique Lionel Puechberty, le directeur PIC France. « Les critères économiques consistent à sélectionner des verrats efficients et robustes, avec des performances à poids élevés. Les caractères associés au bien-être animal et au développement durable s’améliorent aussi : moins de besoins d’aliment et de ressources et une croissance rapide permettent de réduire l’empreinte carbone de notre filière et pas seulement le coût. ».

Croissance et consommation journalière

Sélectionner sur l’efficacité alimentaire, nécessite de mesurer un certain nombre de caractères : la croissance et la consommation moyenne journalière (CMJ). Mais pour PIC, « il n’y a aucun intérêt de sélectionner la croissance ou une meilleure consommation journalière si en parallèle on ne fait pas évoluer les critères de robustesse, vigueur des animaux et taux de survie. C’est pour cela que la robustesse et la mortalité, la qualité des porcelets à la naissance et tout ce qui est outils de précision dont la génomique comptent aussi. Et ça concerne autant les lignées mâles que les lignées femelles », détaille Lionel Puechberty.

« Avoir des élevages de sélection dans le monde entier est un avantage. »
Sergio Barrabès, directeur marketing PIC Europe

 

L’efficacité alimentaire est un des premiers caractères pris en compte dans les critères de sélection de PIC. Depuis 1975, l’entreprise utilise des stalles électroniques à travers le monde afin de mesurer la CMJ sur toutes les lignées. Des milliers animaux sont ainsi mesurés chaque année sur chacun des continents. Depuis 2013, PIC a intégré dans son programme génétique la génomique RBGS (relationship based genomic selection) pour améliorer la précision de sélection sur l’IC ainsi que sur tous les autres caractères sélectionnés. « C’est un outil de sélection qui permet de mieux prendre en compte le pedigree des animaux. C’est-à-dire qu’au lieu d’utiliser un pedigree théorique, on analyse le lien de parenté génomique. »

« Plus on a une grande population, plus on a de données, et plus on peut améliorer la sélection. Chez PIC, nous avons des élevages de sélection dans le monde entier, et cette dimension nous donne un avantage. Ça nous permet de détecter des évolutions et des différences dans les caractères plus rapidement que les concurrents. Prendre en compte différents contextes et environnements donne une force aux données », ajoute Sergio Barrabès, directeur marketing PIC Europe.

Depuis 20 ans, PIC a mis en place le programme GNX pour mesurer les animaux dans des élevages de production et de les additionner aux données des élevages de sélection. « Ce programme de contrôle sur descendance permet d’améliorer nos lignées », ajoute Lionel Puechberty. PIC mesure également les données d’efficacité alimentaire, de robustesse, d’abattage et de mortalité sur des élevages en contrat : « Ça permet de prendre en compte l’effet milieu dans le programme de sélection. »

« La robustesse permet d’améliorer l’expression du potentiel génétique lorsque l’environnement est difficile. » Lionel Puechberty, directeur PIC France

 

Ne pas oublier la robustesse et les lignées femelles

« Si on ne sélectionne que la croissance en ignorant la mortalité on ne fait pas bien notre boulot. Avec le réquisit de bien-être animal, le message est clair : il faut sélectionner des animaux de plus en plus robustes », précise Sergio Barrabès. « Il y a un dernier point à ne pas sous-estimer : il faut une mère qui permette d’exprimer ce potentiel-là. Il faut aussi mesurer et suivre les lignées femelles », explique Lionel Puechberty. Et Sergio Barrabès conclut : « Beaucoup d’éleveurs ont tendance à penser uniquement avec le verrat, mais il ne faut pas oublier que la truie c’est 50 % des gènes. »

Cet article fait partie du dossier La génétique pousse le curseur de l’efficacité alimentaire pour gagner en rentabilité et en durabilité, à découvrir dans Porcmag 572 juillet-août 2022.

 

 

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