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Antibiotiques critiques : la filière porcine participe au combat

Les efforts de la filière porcine sur les antibiotiques critiques portent particulièrement leurs fruits : entre 2013 et 2022, ils ont notamment entraîné un recul de 96 % d’exposition des porcs aux céphalosporines de 3e et 4e génération, de 93 % aux fluoroquinolones et, entre 2014-2015 et 2022, de 78 % à la colistine. 
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  • Auteur : Françoise Foucher
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La réduction de l’usage de certains antibiotiques est particulièrement cruciale. Ainsi en est-il des fluoroquinolones et céphalosporines de 3e et 4e générations. Ces antibiotiques sont considérés comme particulièrement importants en médecine humaine car ils constituent l’alternative ou une des seules alternatives pour le traitement de certaines maladies infectieuses chez l’homme. Il est donc primordial d’en réserver l’usage à la médecine humaine afin d’éviter le risque de développement d’antibiorésistance qui les rendraient moins efficaces.

La découverte d’un mécanisme de résistance transférable à la colistine (en 2015) a conduit à rajouter cet antibiotique à la liste des molécules faisant l’objet d’une surveillance renforcée.

Objectifs atteints

Un des objectifs du plan Ecoantibio2 était une réduction de 50 % en 5 ans de l ’exposition à la colistine en filières bovine, porcine et avicole en prenant comme référence l’Alea moyen sur les années 2014 et 2015. Cet objectif a été atteint en 2020 , avec une baisse de 66,6 % de l’exposition cumulée à la colistine pour ces 3 filières. En 2022, le poids vif traité à la colistine se réparti entre celui des volailles (39,8 %), des porcs (33,4 %), puis des bovins (22,6 %).

L’exposition des animaux aux fluoroquinolones a diminué de 87,3 % entre 2013 et 2022 ; Sur l’année 2022, le poids vif traité aux fluoroquinolones correspond majoritairement à quatre espèces animales : les bovins (54,7 %), les volailles (17,3 %), les porcs (14,3 %).

En 2022, 3,6 % du poids vif total traité avec des injectables contenant des céphalosporines de 3e et 4e générations relevait des porcs.

Ce qui fait dire à Inaporc que « les efforts sur les antibiotiques critiques portent particulièrement leurs fruits : entre 2013 et 2022, ils ont notamment entraîné un recul de 96 % d’exposition des porcs aux céphalosporines de 3e et 4e génération, de 93% aux fluoroquinolones et, entre 2014-2015 et 2022, de 78 % à la colistine ».

Attention aux résistances des staphylocoques

Pour autant certaines résistances continuent d’être problématiques. Notamment celles des staphylocoques qui présentent des niveaux de résistance différents selon les espèces. La part de Staphylococcus aureus résistants à la méticilline est variable selon les espèces animales : 5-10 % chez les chiens et les chats, 15-20 % chez les équidés et… 42 % chez les porcs . Or la résistance de staphylococcus aureu s à la méticilline est préoccupante pour la santé humaine.

D’après les documents de l'Anses : Bilan du suivi de l’antibiorésistance en santé animale et de la vente des antibiotiques à usage vétérinair e , novembre 2023 et Suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antimicrobiens en France en 2022 , novembre 2023.