Écoantibio élargit son spectre. Le nouveau plan Écoantibio 3 inclut la lutte contre la résistance à d’autres antimicrobiens que les antibiotiques, notamment les antiprotozoaires et les antifongiques.
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Auteur : Françoise Foucher
Forte de ses derniers résultats , la France s’engage dans un nouveau plan Écoantibio. Le plan Écoantibio 3 (2023-2028) , piloté par la DGAL, vise à prolonger cette dynamique afin de limiter l’émergence et la diffusion de résistances aux antibiotiques chez les animaux et les risques qui y sont associés.
En raison de l’importance croissante de cette problématique en santé animale, le plan Écoantibio 3 s’ouvre pour la première fois aux résistances aux autres antimicrobiens et aux antiparasitaires .
Le règlement (UE) n°2019/6 définit d’une part les antimicrobiens, dont font partie les antibiotiques, et d’autre part, les antiparasitaires :
• « antimicrobien » est défini comme toute substance ayant une action directe sur les micro-organismes et utilisée pour le traitement ou la prévention d’infections ou de maladies infectieuses, dont les antibiotiques, les antiviraux, les antifongiques et les antiprotozoaires ;
• « antiparasitaire » est défini comme une substance qui tue les parasites ou empêche leur développement, utilisée en vue de traiter ou de prévenir une infection, une infestation ou une maladie causée ou transmise par des parasites, y compris des substances ayant des propriétés répulsives.
Écoantibio 3 vise à promouvoir un bon usage des antibiotiques, des autres antimicrobiens et des antiparasitaires afin de conserver leur efficacité pour les générations futures, dans un objectif de durabilité des systèmes agricoles.
La résistance à ces médicaments et les risques d’impasses thérapeutiques sont considérés comme des menaces pour la sécurité économique des exploitations . L’efficacité des antimicrobiens et des antiparasitaires est donc un bien commun des éleveurs et des vétérinaires qu’il faut préserver.
Afin d’évaluer les utilisations des antimicrobiens en médecine vétérinaire, l’article 57 du règlement européen 2019/6 prévoit que les États membres recueillent les données relatives à l’utilisation de médicaments antimicrobiens par espèce et par catégorie d’animaux. La collecte des données de ventes en France a été étendue cette année à l’ensemble des médicaments vétérinaires contenant des antimicrobiens (pas de médicaments vétérinaires antiviraux actuellement autorisés en France). En France, la remontée des données d’utilisation des antimicrobiens pour toutes les espèces animales a été lancée en avril 2023 via la plate-forme en ligne Calipso ; ce sont les vétérinaires qui s’en chargent. Pour la filière porcine, par exemple, les données sont enregistrées selon les stades de production (maternité/post-sevrage/engraissement). Ces données devraient permettre de mieux cibler les actions à mener pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens.