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Danemark: l'anesthésie en attendant mieux

Devenue obligatoire depuis plusieurs années, l’anesthésie locale est la méthode qui a été choisie pour le moment par les danois afin de limiter la douleur des porcelets lors de la castration. Lotte Skade, vétérinaire et agro-économiste au centre Seges détaille la mise en pratique de cette technique et Niels Aagaard Jørgensen, gérant d’un élevage de 750 truies naisseur-post-sevreur revient sur ses trois années d’expérience.
 
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Estelle POLETTE DE OLIVEIRA
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L’anesthésie locale lors de la castration des porcelets a été rendue obligatoire en 2018, avec une application au 1er janvier 2019.
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Lotte Skade, vétérinaire et agro-économiste pour le centre de recherche danois Seges. Elle a participé à la formation des vétérinaires privés qui ont ensuite eux-mêmes formé les éleveurs.
Accepter sans sourciller. Est-ce propre à la mentalité des éleveurs des pays nordistes ou bien est une limite du schéma " opérateur abatteur unique » de la filière danoise ? C’est en tout cas ce qui semble s’être produit avec la mise en place au Danemark de l’anesthésie locale pour éviter la souffrance des porcelets lors de la castration. En effet, cette méthode est appliquée par l’ensemble des naisseurs depuis le 1er janvier 2019. « Les réflexions ont débuté en 2011 avec la signature de la Déclaration européenne sur les alternatives à la castration chirurgicale des porcs par l’industrie porcine danoise ainsi que 32 autres parties prenantes. En 2014, un plan d’action politique pour le bien-être des porcs a été convenu, puis, après avoir étudié les différentes méthodes d’anesthésie totale et locale et avoir analysé les pratiques en Norvège et en Suède, en 2018, les ministères de l’Environnement et de l’Agriculture ont adapté la législation afin de permettre aux agriculteurs volontaires d’administrer une anesthésie locale, sous réserve d’avoir suivi une formation théorique et pratique réalisée par un vétérinaire et d’être certifiés pour la manipulation des médicaments », explique Lotte Skade, vétérinaire et agro-économiste pour le centre de recherche danois Seges. Et de poursuivre, « mais en 2018, c’est l’industrie porcine danoise qui a décidé de rendre obligatoire l’anesthésie locale dans le programme d’assurance qualité des producteurs de porcs Danish Product Standard (DPS). Cette exigence est entrée en vigueur le 1er janvier 2019. Seuls 3 % des éleveurs danois n’ont pas souhaité intégrer cette méthode et produisent des mâles entiers, ce qui les exclut bien sûr du cahier des charges DPS. C’est avec le soutien de toutes les parties prenantes, notamment celui de l’Association vétérinaire danoise que les modifications de la législation ont pu être réalisées, permettant aux éleveurs de détenir et d’administrer eux-mêmes le produit. Le contrôle de la conformité comprend la vérification des prescriptions des médicaments, la présence de matériel (des aiguilles spéciales sont nécessaires), des questions concernant la procédure, les routines et les certifications de formation ».

CONSEILS ET VENTES SÉPARÉS

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Niels Aagaard Jørgensen, gérant d’un élevage de 750 truies naisseur- post-sevreur, en passe de doubler son troupeau de truies.
Le produit en question, la procaïne, est un anesthésiant non euphorisant. Un argument qui a fait pencher la balance en sa faveur puisqu’il n’est pas considéré comme une drogue. Par ailleurs, au Danemark, le conseil vétérinaire et la vente de produits étant également séparés, les vétérinaires prescrivent le médicament et l’exploitant l’achète dans une pharmacie.

Niels Aagaard Jørgensen (Niels A.J.) est gérant d’un élevage de 750 truies naisseur-post-sevreur. Situé au centre de l’île Seeland, à environ 1h de Copenhague, cet élevage devrait prochainement doubler de taille. Et malgré ses bientôt, 1 500 truies, Niels A.J. approuve la démarche