Aller au contenu principal

Construction des bâtiments: les coûts par place augmentent

Le coût à la place sur l’ensemble des stades physiologiques a progressé de 3,5 % entre janvier 2018 et janvier 2019. En cause : un regain d’activité de l’industrie du béton expliqué par un maintien du nombre de projets de construction ou de rénovation et par le développement de la méthanisation, filière très consommatrice de béton.
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Claire Walbecque
-Source: Ifip
Yvonnick Rousselière, ingénieur bâtiment à l’Ifip.
+ 3,5 %. C’est l’augmentation du coût à la place sur l’ensemble des stades physiologiques entre janvier 2018 et janvier 2019. La progression la plus forte est observée en engraissement et en gestante avec, respectivement + 5,02 % et + 4,90 %. Yvonnick Rousselière, ingénieur bâtiment à l’Ifip, explique que ces deux postes « sont particulièrement impactés par la hausse du prix du gros oeuvre et du béton ». En effet, de janvier 2018 à janvier 2019, l’indice national du coût de la construction(1) tous corps d’état (BT01) a augmenté de 2,14 %. « Cette situation s’explique par un regain d’activité des métiers du bâtiment et des travaux publics débuté fin 2016. Celle-ci est depuis constante », précise-t-il. En maternité et en post-sevrage, la hausse est moins importante avec respectivement + 2,15 % et 1,93 %.

1 AUGMENTATION, 3 EXPLICATIONS

grue
Dans le monde agricole, selon Yvonnick Rousselière, trois critères peuvent en partie expliquer cette augmentation de la demande ainsi que celle du coût des bâtiments, notamment le prix du panneau béton isolé, à savoir : 1. un maintien du nombre de projets de construction ou de rénovation de bâtiments. Celui-ci a d’ailleurs été renforcé en fin d’année 2018 par le maintien du prix du porc en France en lien avec les problèmes sanitaires présents en Asie permettant aux éleveurs de mieux envisager des projets de construction ou de rénovation de bâtiments ; 2. un développement important de la filière méthanisation, essor notamment dû à l’anticipation d’une probable baisse des tarifs d’achat du biométhane injecté. Cette filière, étant très consommatrice de béton, tirerait les prix vers le haut ; 3. une difficulté d’approvisionnement pour les matériaux isolants, entrant dans la fabrication des panneaux, sur le marché européen liée à une forte diminution de l’offre. Pour autant, le parc bâtiment actuel de la filière est vieillissant et reste aujourd’hui pénalisant en termes de compétitivité. Espérons que la respiration offerte aux éleveurs depuis mars 2019 par la remontée des cours soit propice au démarrage d’une nouvelle dynamique d’investissement. Même si cela risque à nouveau de faire grimper le prix des bâtiments.

A noter : L’intervalle de prix correspond à des choix de matériel différents pour une même réalisation (plastique à la place du béton par exemple). Les bâtiments sur caillebotis total sont équipés d’une préfosse de 0,80 m de profondeur. Les silos et la mécanisation de l’aliment ne sont pas inclus.
Source: Ifip

 

A noter : Alimentation gestantes et porcs charcutiers en soupe
Source: Ifip

 

(1) La machine à soupe n’est pas incluse (engraissement)
Source: Ifip

EFFLUENTS D’ÉLEVAGE
De 47 à 65 €/m³, c’est le prix « clés en main » d’une fosse de stockage du lisier en béton pour une capacité supérieure à 300 m³, en janvier 2019.

Mots-Clés