Culture Viande : « des négociations commerciales sous tension »
À quelques jours de l’ouverture du SIA, la fédération Culture Viande dénonce des négociations commerciales avec les distributeurs sous tension et la fragilité du secteur des viandes.
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Auteur : Anne-Solveig Aschehoug
La fédération des entreprises de la viande dénonce par voie de communiqué une crise structurelle profonde et des négociations commerciales entre industriels et distributeurs sous fortes tensions. « Le secteur des viandes traverse une crise structurelle profonde. Entre octobre 2024 et juin 2025, 132 entreprises d’abattage de découpe et de transformation ont disparu, annonce-t-elle. Les marges nettes des abattoirs demeurent négatives depuis 2 ans, fragilisant un maillon pourtant stratégique de la chaîne alimentaire. Cette situation s’inscrit dans une tendance de fond, depuis 2010, la France a perdu près de 20 % de ses abattoirs de porcs. » Elle indique par ailleurs que cette fragilité s’explique par la décapitalisation du cheptel. Et les volumes abattus se sont contraints fortement notamment en agneaux — 9 %, — 7,2 % en veaux de boucherie tandis que pour le porc les volumes se sont réduits de 0,5 %.
En parallèle, Culture Viande dénonce une accumulation de charges structurelles sans précédent. « Depuis 2019, le prix de l’électricité a augmenté de 86 %, celui du gaz naturel de 113 %, générant un surcoût estimé à 100 M€ pour le secteur, soit l’équivalent du plan de modernisation des abattoirs. S’ajoute aussi la réforme des redevances des agences de l’eau avec une hausse d’environ 150 % pouvant atteindre 900 % pour certaines entreprises et l’augmentation des écocontributions sur les emballages (+ 30 % depuis 2022).
Pour autant, les entreprises adhérentes de Culture Viande restent mobilisées pour assurer l’approvisionnement du marché français répondant à des exigences élevées en matière de sécurité sanitaire et de bientraitance animale. “Mais ces charges ne peuvent pas être absorbées indéfiniment par les entreprises du secteur des viandes”, reprend le communiqué de Culture Viande.
Aussi, l’enjeu est clair : “soit la France produit soit elle importe. Les entreprises doivent pouvoir exercer leur activité dans des conditions stables, lisibles et économiquement soutenables. C’est à cette condition seulement que la souveraineté alimentaire pourra devenir une réalité durable”, conclut la Fédération.