« Ils ont dit » : 20 personnalités à lire dans nos archives 2023
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- Auteur : Anne-Solveig Aschehoug & Françoise Foucher
Selon le spécialiste du climat Jean Jouzel , il existe des manières positives d’appeler l’agriculture à contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, comme « le piégeage du carbone dans les sols, une meilleure utilisation des engrais, une diminution de la consommation énergétique ». Il rappelle néanmoins que « nous ne sommes pas sur une trajectoire compatible avec nos objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre ».
À quelques semaines de la retraite, Jean-Yves Dourmad revenait sur sa carrière : quarante années dédiées à la recherche porcine au sein d’Inrae.
En marge du Salon international de l’agriculture, Thierry Meyer, responsable de l’activité porc chez Bigard et alors président d’Inaporc , soulignait la mobilisation de toute l’interprofession pour pérenniser la production de la filière et renforcer ses atouts.
Lors de la journée Natural Concept (groupe Grimaud, Innoval et l’institut Agro Fondation) Anne Mottet, en charge des politiques d’élevage à la FAO , a partagé sa vision sur les enjeux qui attendent les filières animales pour augmenter leur durabilité tout en contribuant à réduire nombre de personnes malnutries et affirmé que « les produits animaux sont une des clés pour réduire la fracture alimentaire ».
Invité au forum décarbonation organisé par la Cooperl, Bertrand Eon, directeur des Achats boucherie Carrefour, rappelait l’objectif de son réseau : « travailler en priorité avec des entreprises qui s’engagent dans des démarches de décarbonation visant à minima une réduction de l’impact sur le réchauffement climatique de 1,5 °C ».
À de multiples occasions ces derniers mois, Anne Richard, la directrice d’Inaporc , a pris la parole pour expliquer l’engagement de la filière porcine dans une démarche RSE, un axe fort pour donner des perspectives aux jeunes.
Lors de l’assemblée générale des fabricants d’aliments breton Nutrinoë, Olivier Mével, maître de conférences de l’Université de Bretagne Occidentale , rappelait que « si on ne veut pas voir les gens perdre leur emploi de proximité et se concentrer dans les métropoles et si on veut voir s’accélérer la transition agro-écologique, les filières animales doivent retrouver de la compétitivité ».
Ancienne productrice de porcs, Danielle Even fut présidente de l’association Agriculteurs de Bretagne. Elle disait sa colère à la sortie du film Algues vertes estimant que ce film « sous-entend que les agriculteurs ne sont pas capables de raisonner leurs assolements et respecter les engagements environnementaux ».
Cécile Michon a pris la direction de la toute nouvelle interprofession régionale porcine d’Auvergne-Rhône-Alpes, née au Salon internationale de l’agriculture : Interp’aura. La nouvelle structure compte pour 850 000 porcs charcutiers produits par an (4,2 % France) et 1 380 000 porcs abattus par an (5,9 % France).
Vincent Chatellier, ingénieur de recherche à l’Inrae a déclaré à l’assemblée générale d’Inaporc : « la France manquera de production dans les 10 ans à venir si elle ne développe pas sa filière porcine ».
Lors de l’assemblée générale d’Evel’Up, Thierry Gallou , son directeur a martelé : « nous devons rendre durable le métier d’éleveur pour faire venir les jeunes dans notre secteur. La France doit produire mieux avec moins ; avec le défi de l’eau, elle doit produire plus et mieux. Et pour anticiper cette route, il faut viser la cotation au MPB à 3 €. »
Lors de l’assemblée générale du groupement Evel’Up, Philippe Dessertine, économiste et professeur à la Sorbonne , a déclaré : « L’activité agricole devient hyper stratégique : vos métiers sont désormais perçus différemment. La question agricole est donc centrale et avec elle l’élevage. La protéine est devenue indispensable pour atteindre les 80 ans d’espérance de vie. »
Rencontrée au Space, Anne Hémonic, vétérinaire et directrice du pôle technique d’élevage à l’Ifip , cochait toutes les cases pour être choisie comme témoin expert dans le procès en appel au tribunal de Riom fin avril. Pour elle, « la caudectomie réalisée par cautérisation est douloureuse mais fugace sans saignement et la plaie est propre. Elle est efficace pour prévenir les morsures. »
Christiane Lambert était l’invitée d’honneur du forum sur la souveraineté alimentaire organisé par le groupe Michel. En tant qu’ ancienne présidente de la FNSEA et présidente du Copa-Cogeca , elle a insisté : « L’agriculture est la solution, le challenge c’est la règle des 4 F : Food, Feed, Fuel, Fiber auxquels j’ajouterai la FrenchTech. L’agriculture a un rôle irremplaçable pour garantir la sécurité alimentaire et énergétique tout en répondant aux transitions demandées par la société. »
Au Space, Jean-Christophe Roubin, directeur du marché de l’agriculture à la Caisse centrale du Crédit Agricole a insisté : « la filière porcine devra investir à deux niveaux, en aval pour la modernisation des abattoirs et en amont dans les élevages sur le bien-être animal, la couverture des fosses et plus généralement sur la rénovation des bâtiments. »
Pour François Pot, président du Marché du porc breton et Pascal Le Duot, son directeur : « le marché ne vit que quand des vendeurs et des acheteurs se confrontent autour d’un acte d’achat. C’est ce moment crucial qui définit le prix du porc. » « Quand les positions sont clivées, c’est sur le marché qu’on tape. Nous sommes l’arène où se rencontrent les positions divergentes. »
Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture , était invité à ouvrir le grand rendez-vous de la filière porcine organisé par la FNP et les Jeunes agriculteurs : « Votre démarche doit être proactive et offensive et non pas sur la défensive. Cette journée doit donner un horizon aux éleveurs pour les 15 à 20 ans à venir. »
François Valy président de la FNP , qui clôturait le grand rendez-vous de l’élevage de porc français a souligné : « Nous ne sommes pas prêts à nous résigner au déclin. Un porc sur 4 est exporté quand un seul est importé. Le commerce mondial est donc indispensable pour notre filière et c’est à l’export que se situe l’essentiel de la croissance de demain. »
Michel Bloc’h, président du groupement porc d’Eureden lors de l’assemblée générale du groupement a rappelé l’importance du collectif. « Les éleveurs sont libres de leurs choix mais il nous faut conserver les outils collectifs car sinon ils disparaîtront. Cela entraînerait une chute encore plus rapide des volumes de production en France. Être dans une organisation de producteurs participe au bon fonctionnement du MPB, d’Uniporc et du marché du porc français. »