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Rétrospective 2024 : ils ont dit

« Ils ont dit »… Ils se sont exprimés dans les colonnes de Porcmag ces derniers mois. Ils ont commenté l'actualité et leurs propos tirent le bilan d'une année mitigée, drivée par un cours à la baisse puis complètement plat. Dans le même temps, les intrants ont vu eux aussi leurs cours baisser laissant les des élevages trésoreries assainies. Pourtant les inquiétudes demeurent : quels modèles d'élevage pour demain ? Quel avenir pour la souveraineté de la filière française ? Quels candidats pour assurer le renouvellement des générations ? Voici ce qu'en disent les acteurs et les observateurs de la filière porcine.
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  • Modifié :
  • Auteur : Françoise Foucher
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Avec par ordre d’apparition dans nos colonnes : 

En janvier

Christine Roguet, économiste à l’Ifip faisait le lien entre le recul de la production et la course éperdue vers le bien-être animal. Elle s’interroge : « Comment l’Allemagne, qui était le premier pays producteur de porcs de l’Union européenne avec une croissance insolente dans les années 2000 a-t-elle cédé sa couronne à l’Espagne en 2020 puis enclenché une chute vertigineuse qui semble sans fin ? »

En mars

Au SIA, Salon international de l’agriculture, à Paris, Philippe Bizien, président d’Inaporc alertait sur l’empilement des normes devenu intenable.

Et François Valy, président de la Fédération nationale porcine (FNP) commentait les prix planchers évoqués par le président Macron et rappelait l’expérience de 2015 qui avait posé un prix plancher à 1,40 € plongeant alors la filière dans un marasme encore plus profond.

En mai

L’économiste de l’Inrae Vincent Chatellier s’alarmait : «  Avec un tout petit solde commercial en viandes porcines positif en 2022 (125 000 tec contre près de 2,8 millions de tec pour l’Espagne), la France risque de devenir déficitaire. »

Guillaume Naveau, directeur général du Groupe Axiom commentait l’intégration de Choice par Axiom : «  Nous confortons notre position de leader en France et construisons une nouvelle dimension à l’international.  »

En juillet

Michel Bloc’h, éleveur de porcs en charge de la commission installation au conseil d’administration de la coopérative Eureden, présentait les « Passeports JA », l’offre de soutien aux jeunes agriculteurs lancée par Eureden pour relever le défi du renouvellement des générations.

Invité lors de l’assemblée générale d’Inaporc,  Nicolas Bouzou, économiste et essayiste, a rappelé : « la souveraineté alimentaire, ce n’est pas la fermeture, ce n’est pas le protectionnisme, c’est être capable d’être autonome.  »

En septembre

Carole Joliff, présidente du comité régional porcin Bretagne revenait sur la colère agricole qui couvait depuis de nombreuses années : « Son explosion cache en réalité des problèmes structurels sources d’un malaise profond de la profession agricole avec une remise en cause des orientations nationales et européennes. » 

Christelle Amiaud vice-présidente du Comité régional porcin des Pays de la Loire et Mickaël Guilloux, président du Comité régional porcin des Pays de la Loire , constataient le recul du nombre d’élevages professionnels, au même rythme qu’en 2022 (-5,3 %) : 1 440 sites sont désormais répertoriés contre 1 521 en 2022.

Rémi Cristoforetti, directeur général du groupe Le Gouessan t, commentait l’expérience Physior : «  L’objectif est de structurer une masse critique afin d’avoir une quantité de porcs suffisante pour intéresser un opérateur d’abattage. Pour l’heure nous sommes en phase de test pour dessiner le schéma de valorisation et de piéçage le plus pertinent.  »

Pascal Le Duot, directeur d’Uniporc et du désormais MPF Marché du porc français et François Pot, président du MPF annonçaient le 6 juin la transformation du Marché du porc breton en Marché du porc français.

Cet été, Emmanuel Commault, le directeur général de Cooperl , annonçait des mois difficiles à venir à ses adhérents : « Il va falloir tenir suffisamment longtemps pour que le marché fasse son travail : qu’il y ait moins de viande pour que les prix de la viande redescendent. Nous le répétons à nos éleveurs : c’est le début de la crise il faut tenir. »

Thierry Marchal, 1 er vice-président de la FNP , expliquait pourquoi il était important de faire sortir l’élevage de la directive IED et obtenir la révision du seuil d’autorisation ICPE.

En octobre

Elisa Husson, économiste à l’Ifip , révélait la nouvelle tendance à la décapitalisation des cheptels porcins chinois face à une économie nationale très fragile.

François Cholat, président du Snia , syndicat national de l’alimentation animale, expliquait les difficultés de la profession devant le règlement RDUE – règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts – dont les conditions de son application restaient trop floues à quelques mois de son entrée en vigueur.

Olivier Mevel, consultant en accompagnement stratégique et marketing agri-agroalimentaire et Maître de Conférences HDR en Sciences de Gestion à l’Université de Bretagne Occidentale soulignait « le manque d’innovations produits incontestable du côté industriel [qui ] ne permet[tait] pas à la filière porcine de suivre les tendances de la consommation alimentaire en 2024 ».

Alexis Leveau, directeur général de Vallégrain et Edouard Leveau, président de Vallégrain disaient leur satisfaction d’être entrés au Marché du porc français.

En novembre

Julien Ligneau est devenu le nouvel animateur du marché du porc . Il succède à Annie Tilly qui aura occupé cette fonction presque 19 ans. Tous deux rappelaient les fondamentaux du MPF : «  Le marché n’est pas qu’un prix, c’est aussi une veille et un lien avec le reste du monde. Il est un cadre sain dans lequel s’équilibre offre et demande ». Julien Ligneau assume également la direction de la SAS de la marque «  Cochons de Bretagne ».

Béatrice Eon de Chezelles, responsable des filières animales à la direction de l’agriculture et de l’agro-alimentaire de la banque Crédit Agricole commentait les résultats financiers des élevages porcins. Selon elle, tous les indicateurs sont au vert : «  c’est le moment de lancer la machine à investir  ».