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Interporc Rhône Alpes : la biosécurité est notre priorité mais comment la financer ?

Lors de son AG du 19 juin dernier, Interporc Rhône Alpes a mis à l’honneur la biosécurité à travers une table ronde. Après un rappel des mesures obligatoires à mettre en place dans les exploitations, les intervenants ont tenté de répondre aux questions de financement de ces mesures, mais également de contrôle et d’indemnisation des éleveurs.
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  • Modifié :
  • Auteur : Sandrine Merchat
AG Interporc Rhônes Alpes
De gauche à droite : Carlo Caschetta, membre de la direction de l’agriculture au conseil régional (AURA), Bernard Rouxel, président de l’ANSP, Thierry Thenoz, président d’Interporc, Hubert de Rivoire, vétérinaire, Paul Auffray, président de l’IFIP-FNPE

«  Depuis la fin 2018 et le premier semestre 2019, jamais les termes sanitaires et biosécurité n’auront eu autant de sens et de contenu  », a reconnu Thierry Thenoz, président d’Interporc en introduction de la table ronde réunissant Bernard Rouxel, président de l’ANSP, Paul Auffray, président de l’IFIP-FNPE, Hubert de Rivoire, vétérinaire, Carlo Caschetta, membre de la direction de l’agriculture au conseil régional (AURA), organisée à l’occasion de l’assemblée générale d’Interporc Rhônes Alpes le 19 juin dernier. Et d’ajouter : «  Cela fait des années que chacun s’accorde sur l’intérêt et le bien-fondé de la biosécurité, mais souvent sans se donner les moyens de la mettre en œuvre. Aujourd’hui, la donne a radicalement changé. L’émergence de la peste porcine africaine (PPA) en Belgique a cassé les codes. Chacun a bien été obligé de convenir que le risque était partout et que les quelques milliers ou centaines de kilomètres qui nous séparaient des foyers n’étaient plus un rempart. Le maintien de notre statut indemne de PPA est indispensable à la bonne marche de notre filière et de tous ses maillons  ».

6 millions d’euros de clôtures

Bernard Rouxel a rappelé qu’à l’annonce de la présence de la PPA en Belgique en septembre 2018, l’Etat français a pris un arrêté, le 18 octobre, relatif aux mesures de biosécurité applicables dans les exploitations, dont les points essentiels sont : la réalisation d’un plan biosécurité, la désignation d’un référent biosécurité et le suivi d’une formation, la gestion des flux de véhicules, matériels, personnes et animaux, l’obligation de disposer d’un système de protection permettant d’éviter tout contact direct entre les suidés domestiques de l’exploitation et les suidés sauvages (les dispositifs techniques à mettre en place sont décrits dans l’ arrêté du 15/05/19 ). «  Malheureusement, deux sangliers sauvages ont traversé la clôture de protection en Belgique au mois de janvier 2019 , commente-t-il. Le ministre Didier Guillaume, très réactif, a créé une zone blanche sur les trois départements frontaliers à la Belgique. A ce jour, plus de 110 km de clôtures ont été posés. La partie nord de la zone belge est encore sous tension avec quelques sangliers positifs. Les belges construisent actuellement une 3ème clôture, charge aux français de faire le lien avec cette dernière  ».
Le financement de la clôture a été pris en charge par l’Etat à hauteur de 6 millions d’€. D’après Paul Auffray, le volet sanitaire est un des facteurs de rentabilité des élevages. Inaporc a donc accompagné les éleveurs dans la zone blanche, en débloquant 500 000 € pour les clôtures, pris sur les budgets « promotions ».

Qui pour financer ?

Les mesures définies dans l’arrêté biosécurité seront assez faciles à mettre en place pour les nouveaux bâtiments, mais plus compliquées dans les exploitations avec plusieurs types d’animaux (bovins, porcins, volailles). Cela représente des investissements de 5 à 10 000€ par exploitation pour les plus récentes et de 20 000€ et plus pour les plus complexes.