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L'élevage porcin, une filière d'avenir pleine d'atouts !

Pour mieux faire connaître la filière porcine et montrer son attractivité, les CRP Bretagne et des Pays de la Loire ont pris la parole ensemble auprès des jeunes venus de Bac Pro ou de BTS et de leurs enseignants des établissements agricoles du Grand Ouest. Anne Hémonic, directrice du pôle technique de l'Ifip, est venue présenter les atouts d'une filière porcine pleine d'atouts.
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  • Modifié :
  • Auteur : Anne-Solveig ASCHEHOUG
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CRP Anne Hémonic
Anne Hémonic, directrice du pôle technique de l'Ifip
« A l’origine, cette présentation était destinée à des chercheurs travaillant sur la réduction de l’impact de la production porcine , explique Anne Hémonic , directrice du pôle technique de l’Ifip. Je répondais juste à la question : « Que se passe-t-il, si on réduit les cheptels ? » Et j’en suis arrivée à lister les atouts de la filière porcine française ! » D’abord, elle a rappelé que la filière porcine nourrissait la population, recyclait les coproduits et créait de l’emploi dans les zones rurales.

« La viande porcine contribue à l’équilibre nutritionnel de manière abordable, elle apporte de la protéine dont la digestibilité est meilleure par rapport à des protéines végétales. Elle compte aussi des nutriments comme la vitamine B12, du Fer ou la vitamine D, de l’iode, du zinc et des oméga 3 », énumère Anne Hémonic ajoutant : « la filière porcine participe à la souveraineté alimentaire française avec une auto-suffisance de 101 % et une part égale des volumes à l’import comme à l’export. Ce qui est exporté ce sont des pièces qui ne se consomment pas en France et en parallèle, sera importé du jambon. Cette autosuffisance en viande porcine a plein d’atouts : économiques, environnementaux, sociaux et de qualité. Et nous avons de très bons rendements : 83 % d’un porc sont consommés et donnent 87 % de protéines. En poulet de chair c’est 62 % et vaches allaitantes c’est 40 %... »

Le prix de la viande porcine est abordable, estime-t-elle : « son prix avoisine les 7,80 €/kg et c’est la moins impactée par l’inflation qui sévit depuis 2022. C’est vrai aussi bien pour les produits élaborés que la viande hachée. »

Le porc est un très bon « recycleur »

Le porc est aussi « un excellent recycleur de coproduits végétaux. C’est un producteur net de protéine : 1 kg de protéine végétale donne 1,2 kg de protéine de porc.  Il existe pour autant une forte variabilité selon le type d’élevage. Par exemple, la filière bio est moins efficiente (l’indice de consommation est plus élevé), car la disponibilité en matière première bio est moindre. » Dans la série des coproduits pouvant être utilisés, elle cite le lactosérum dont l’incorporation est par exemple obligatoire dans le cahier des charges de la saucisse de Morteau.

Sur l’utilisation du tourteau de soja, « le porc est assez peu consommateur ». Il consomme 13 % du volume de soja consommé en France contre 40 % pour les bovins et la filière avicole. « En porc on peut s’en passer mais il faut trouver un équilibre économique. On peut encore baisser l’utilisation du soja en utilisant des alternatives au soja », estime Anne Hémonic.
Le porc créé aussi des coproduits. C’est par exemple le premier producteur d’engrais grâce à ses effluents qui contribuent à enrichir le sol en matières organiques.

Un créateur d’énergies renouvelables

L’élevage porcin peut engendrer des énergies renouvelables via des panneaux photovoltaïques sur le toit des salles d’élevage ou encore via la méthanisation. Ce sont des voies de diversification pour l’exploitation.

Le porc produit aussi des médicaments comme l’héparine qui est un anticoagulant dont l’utilisation est largement répandue. « L’héparine est produite à partir du mucus porcin. A Ploërmel, on produit ainsi 50 % de l’héparine mondiale ! » Le marché du petfood est aussi un débouché pour les coproduits d’abattoir.

Enfin, pour Anne Hémonic, l’élevage porcin fait aussi partie du patrimoine culturel. « Il conserve notre savoir-faire culturel et génétique avec des sélections de grandes races, et plusieurs catégories de métiers comme celui de charcutier et de salaisonnier. Cela créé de l’emploi et de la valeur à l’échelle de la nation. On compte ainsi 130 000 emplois pour un chiffre d’affaires de 34 milliards d’euros et une valeur ajoutée de 22 milliards d’euros ! »