Un incendie au siège d’Evel’Up revendiqué par des activistes
Samedi 25 janvier aux environs de 4 h, le siège social du groupement d’éleveurs Evel’Up à Plouedern dans le Finistère a subi un départ d’incendie, revendiqué par des activistes.
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Auteur : Anne-Solveig ASCHEHOUG
Selon Evel’Up , les dégâts se chiffrent en centaines de milliers d’euros : « le bâtiment a résisté, les départs de feux ont été maîtrisés. Les locaux imprégnés de suie et de gaz toxiques sont inutilisables pour plusieurs semaines. »
Dans la journée du samedi, « les gendarmes et pompiers ont confirmé le caractère criminel et intentionnel de cette action. Les individus semblaient équipés et bien préparés », mentionne la coopérative dans son communiqué.
Dès le même jour, cette action était revendiquée par le biais d’une lettre postée sur le site web d’un mouvement libertaire sous le sinistre titre : « soirée frites chez Evel’Up ».
Dans leur message, les signataires - Forces Révolutionnaires Intergalactiques et Territoriales En Sauce (FRITES) - revendiquent : « N’y voyez pas un acte malveillant, il s’agit de l’expression d’un amour flamboyant pour la paysannerie. Évidemment Evel’Up marche sur la tête et va à l’encontre des intérêts du monde paysan. […] Evel’Up participe à un modèle agricole où produire sur une seule ferme 26 000 porcs par an est envisageable. Un modèle où un paysan se suicide tous les jours. (..) »
De plus, les activistes s’en prennent nommément à Philippe Bizien, président du groupement qu’ils accusent de « s’être émancipé de la condition paysanne en s’élevant au rang de négociant […] . »
Cette dégradation est un choc pour les 116 collaborateurs et les 680 adhérents d’Evel’Up qui « marqués psychologiquement, ne comprennent pas le déchaînement d’une telle violence à leur égard », souligne le communiqué d’Evel’Up. La coopérative a, dès hier, 27 janvier, porté plainte en gendarmerie pour ainsi identifier et comprendre les motivations des auteurs de ces actes. Une enquête a été ouverte.
Hier soir, vers 22 h, la ministre de l’Agriculture, Annie Génévard , indiquait sur le réseau social X : « De tels actes de violence sont inacceptables et doivent être fermement réprimés. Je tiens à exprimer toute ma solidarité aux éleveurs victimes de ces agissements inqualifiables. Une enquête est en cours pour faire toute la lumière sur cette attaque. »
Le groupement assurait, dès hier, avoir repris son activité en délocalisant certaines activités sur d’autres lieux et pris des dispositions pour assurer la facturation et le paiement des animaux auprès des éleveurs.