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Antibiorésistance : la surveillance se renforce

La surveillance de l'antibiorésistance se renforce et la situation s'améliore, allant de paire avec la baisse de l'utilisation des antibiotiques en élevages.
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  • Auteur : Françoise Foucher
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Résapath, le Réseau d'épidémiosurveillance de l'antibiorésistance des bactéries pathogènes animales se réjouit d'avoir reçu en 2024 30 % de plus de résultats de tests de résistance aux antibiotiques (antibiogrammes) de la part des laboratoires d'analyses vétérinaires : 121 872 antibiogrammes.

Une progression qui rend plus robuste l'appréciation de l'antibiorésistance des bactéries pathogènes chez les animaux en France.

Profils de résistance

3 243 antibiogrammes ont été collectés en porcs (3 % de l'échantillon).

Ils révèlent des profils de résistance pour chaque bactérie :

  • Escherichia coli : la résistance à l'amoxicilline concerne 59 % des souches. 36 % des souches sont résistantes à l'association triméthoprime-sulfamides et 51 % à la tétracycline.
  • Resapath suit également la multirésistance de E. coli car l'accumulation de mécanismes de résistances chez une bactérie peut conduire à des impasses thérapeutiques. Chez le porc, la situation est plutôt favorable pour les pathologies digestives, avec une baisse régulière de la multirésistance et une hausse régulière de la multisensibilité depuis 10 ans (de 44 % à 22 %). Globalement le niveau d'Escherichia coli multirésistants, c'est-à-dire qui résistent à au moins trois familles d'antibiotiques sur les cinq testées continue de diminuer  : c'est chez les bovins qu'il est le plus élevé (35%) et chez les porcs (22 %).
  • Enterococcus hirae : la résistance à l'amoxicilline concerne 11 % des souches. 76 % des souches sont résistantes à l'érythromycine et la quasi-totalité à la lincomycine (98 %).
  • Staphylococcus aureus : 20 % des souches cliniques de S. aureus sont résistantes à la céfoxitine (parmi 30 souches testées en 2024), indiquant une suspicion de Sarm (Staphylococcus aureus résistant à la méticilline).
  • Pasteurella multocida, Actinobacillus pleuropneumoniae et Glaesserella parasuis : peu ou pas de résistance. 3 % des G. parasuis montrent une résistance à l'amoxicilline ; 8 % des A. pleuropneumoniae.

En conclusion, l'Anses estime que ces résultats démontrent l'efficacité des mesures de maîtrise de l'usage des antibiotiques pour préserver leur efficacité pour les animaux et les êtres humains.

Antimicrobiens et antiparasitaires sous contrôle

Afin d'amplifier la dynamique de lutte engagée en santé animale contre la résistance aux antibiotiques, aux autres antimicrobiens et aux antiparasitaires, le ministère en charge de l'agriculture a ouvert une enveloppe de plus de 2 millions d'euros attribués à 19 nouveaux projets de recherche et d'action.

L'un deux concerne la production porcine. Il est mené par une équipe pluridisciplinaire (Anses Fougères, Anses Ploufragan, IFIP, CNAM et ANMV) et porte sur la Potentialisation de la résistance aux antimicrobiens par les procédures d'hygiène en élevage porcins.

Son champ d'action est vaste puisqu'il se déclinera du microbiote intestinal aux effluents d'élevage. Ce projet porte le nom de PoRAHME.

D'après le Bilan 2024 Resapath, paru le 18 novembre 2025.