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Leptospirose : enfin une alternative à l'antibiothérapie

Avec les mesures préventives d’hygiène et de biosécurité, les antibiotiques étaient jusqu’à présent la principale arme à disposition pour tenter de vaincre la leptospirose, cette maladie bactérienne sournoise qui affecte principalement les reproductrices. Mais avec la récente mise sur le marché d’un    vaccin par le laboratoire MSD Santé Animale, la réduction de l’exposition des truies aux antibiotiques sera facilitée. Rappels des caractéristiques de cette pathologie.
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Estelle POLETTE DE OLIVEIRA
renard_et_rat

Une vraie plaie cette maladie ! Chronique ou ponctuelle, difficile à diagnostiquer, impliquant généralement de fortes baisses de performances de reproduction et avec pour seuls recours, les antibiotiques… La leptospirose était généralement vue comme une maladie indéchiffrable et tenace. Mais après plus de 10 ans de persévérance, le laboratoire MSD a enfin réussi à mettre sur le marché  français une solution préventive contre cette pathologie bactérienne ( infos sur le vaccin et retour d'expérience éleveur ). Fréquente dans de nombreuses  espèces animales (cheval, chien, porc…) et chez l’homme, la leptospirose est présente partout sur la   planète. En porc, la vaccination contre celle-ci est très courante sur le continent américain et est également fréquente au Danemark. En France, jusqu’à peu, aucun vaccin n’était autorisé. Dans nos pages, en février 2015, nous apprenions d’ailleurs que l’Anses déboutait régulièrement toute demande  d’importation. Son argument ? La variabilité antigénique des leptospires qui aurait pu «  faire échouer chez nous une protection par des vaccins qui ont fait leurs preuves outre Atlantique »,  lisait-on. Laissant alors les éleveurs et vétérinaires avec pour seule arme : l’antibiothérapie. Une   situation tout à fait contradictoire avec le plan Éco Antibio de 2010-2016.

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Les animaux sauvages comme réservoir

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Didier Duivon, vétérinaire technique gamme porc MSD
« Le portage sans symptôme de la leptospirose est très fréquent dans la faune sauvage (rongeurs,  sangliers, renards, hérissons…), d’où l’importance de tenir propres et dégagés les abords des élevages  et d’appliquer une stratégie stricte de dératisation », explique Didier Duivon, vétérinaire technique gamme porc MSD. Et de poursuivre, « la paille ou les copeaux de bois des litières,  notamment des truies gestantes, peuvent aussi être contaminés lors du stockage, si des animaux sauvages viennent nicher et/ou uriner à l’intérieur. L’hygiène lors  des inséminations, lors d’avortements ou lors des mises bas est également essentielle » . Les leptospires survivent plusieurs  jours ou plusieurs semaines dans le milieu extérieur avec de l’humidité, notamment dans la litière, les auges, les abreuvoirs. Elles infectent les animaux par voie orale mais sont aussi en capacité de  traverser les muqueuses saines, la peau lésée (plaie, panaris,…) ou macérée.