Aller au contenu principal

Suivi des Maec : le volet phytosanitaire apporte une contrainte importante

Avec la réforme de la PAC de 2023, une part de conseil phytosanitaire est introduite dans le suivi de certaines Mesures agri-environnementales et climatiques (Maec). Des objectifs de réduction de l’Indice de fréquence de traitement (IFT) sont toujours prévus, mais un accompagnement par un technicien qualifié est désormais obligatoire.
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Stéphane Le Biavant, référent environnement du groupe Cogedis
-Crédit photo : AdobeStock
Cogedis Stéphane Biavant
Avec Stéphane Le Biavant, référent environnement du Groupe Cogedis
Dans le cadre des Maec systèmes (Maec à enjeux eau, Maec herbivore, Maec sol), les agriculteurs s’engagent à réduire chaque année la pression phytosanitaire sur leur exploitation et à respecter une valeur maximale d’IFT, calculée à partir de l’IFT de référence de leur territoire. Attention : les IFT de référence sont très différents d’un territoire à l’autre. Il importe donc de se référer au cahier des charges de sa propre MAEC pour bien connaître les objectifs de réduction, année par année et surface par surface.

Quand calculer son IFT ?

L’IFT doit être calculé une première fois avant l’engagement dans les 5 années de contrat de la Maec, lors de la réalisation du diagnostic agro-écologique. Ce diagnostic est établi en préalable de l’engagement dans la Maec et comprend plusieurs analyses dont le premier calcul d’IFT. Il est réalisé soit par l’opérateur de la Maec (collectivité, bassin-versant…), soit par un prestataire agréé par l’opérateur.

Ensuite, chaque année pendant 5 ans, le calcul de l’IFT se fait en fin de saison culturale, une fois que les traitements sont achevés. Première nouveauté dans les cahiers des charges des Maec post-réforme 2023 : ces calculs d’IFT doivent être transmis avant le 31 octobre de l’année à l’administration (DDT ou DDTM).

Seconde nouveauté : sur les 5 bilans d’IFT, 3 au moins doivent être réalisés par un technicien agréé Conseil stratégique phytosanitaires (CSP) qui a pour mission d’identifier les usages les plus problématiques et de préconiser des solutions alternatives.

Comment calcule-t-on l'IFT ?

L’IFT est calculé pour chaque traitement réalisé jusqu’à la récolte de la culture : un traitement effectué à la dose homologuée aboutit à un IFT de 1, un traitement à demi-dose, à un IFT de 0,5. Le calcul de l’IFT à la parcelle s’obtient ensuite en additionnant les IFT de tous les traitements réalisés : 3 traitements réalisés à la dose homologuée donnent un IFT de 3 à la parcelle.

Dans le calcul de l’IFT, ne sont pris en compte que les produits phytosanitaires appliqués au champ sur culture et interculture : herbicides, fongicides, insecticides, régulateurs, anti-limaces, traitements de semence.

Ne sont pas intégrés dans le calcul : adjuvants, traitements des récoltes, macro-organismes.

Les produits de biocontrôle peuvent également être pris en compte dans le calcul mais ils font alors l’objet d’un sous-total spécifique.

Dans le cadre de certaines Maec (les Maec “systèmes”), les agriculteurs s’engagent à respecter chaque année une valeur d’IFT maximale sur leur exploitation, définie sur la base d’un IFT de référence établi pour chaque micro-région.

Enfin, l’IFT à l’exploitation se détermine en réalisant la moyenne pondérée des IFT de chaque parcelle. Cet IFT à l’exploitation peut alors être décliné suivant les besoins : IFT herbicides/hors herbicides, IFT des surfaces engagées en Maec / surfaces non engagées et également suivant le type de cultures : IFT Grandes Cultures/IFT légumes, etc.

Retrouvez les conseils phyto d'Altéor Environnement (groupe Cogedis)
Cet article est paru dans le dernier numéro de Porcmag, n° 581, janvier-février 2024