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La Cooperl envoie une lettre ouverte à la députée Manon Meunier (LFI)

Lors des débats à l’Assemblée nationale la semaine dernière autour de la pétition contre la loi Duplomb, la députée Manon Meunier (LFI) a interpellé la ministre de l’Agriculture et la Cooperl. La coopérative lui répond par le biais d’une lettre ouverte ce lundi 16 février.
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  • Modifié :
  • Auteur : Anne-Solveig Aschehoug

Ce matin, la rédaction de Porcmag a reçu une lettre ouverte envoyée par la coopérative Cooperl à la députée Manon Meunier (LFI) qui avait interpellé la coopérative lors des débats à l’Assemblée nationale sur la pétition contre la loi Duplomb. 

« Vos dernières déclarations intempestives à notre encontre à la tribune de l’Assemblée nationale appellent à quelques réponses factuelles. »

Concernant la taille des élevages et l’évolution des seuils ICPE : « vous opposez performance économique et développement durable. Vous faites erreur. Pour répondre aux attentes de nos concitoyens sur le respect de l’environnement, du bien-être animal ou de la décarbonation, les exploitations devront encore investir et être capables de financer des technologies nouvelles et coûteuses. La seule voie qui permette de tels investissements (…) est de développer le volume de production de chaque ferme. C’est très simple, être plus vertueux, cela veut dire investir toujours plus dans les nouvelles technologies, ce qui revient pour l’éleveur à devoir amortir chaque année davantage de charges comptables. Pour y parvenir à prix consommateur constant, il faut que l’élevage puisse croître en volume. Entraver sa croissance, c’est l’empêcher de se moderniser, c’est l’étouffer et le tuer ».

Sur la souveraineté alimentaire et notre activité internationale : » C’est méconnaître l’économie de la filière porcine : l’export est une opportunité nécessaire pour valoriser les pièces peu consommées en France. En valorisation à l’export correctement les bas morceaux, nous sommes en mesure de proposer à nos concitoyens les pièces nobles à des prix attractifs. Seul un bon équilibre carcasse permet de rémunérer équitablement les éleveurs. C’est un des combats de Cooperl. (…) CE choix fait de nous le premier défenseur de l’origine France et de la souveraineté alimentaire de notre filière porcine ».

La coopérative poursuit : « La conquête de marchés à l’international, aussi difficile soit-elle, est une bonne chose. Elle est même fondamentale, car elle participe au financement durable de notre recherche et développement. »

Sur la question de l’accompagnement de jeunes éleveurs à l’installation, la Cooperl indique : » vous allez jusqu’à nous reprocher d’accompagner les jeunes éleveurs (…) C’est tout de même difficile à comprendre (…) quand on connaît l’enjeu crucial du renouvellement des générations pour notre souveraineté alimentaire et pour les milliers d’emplois induits en aval de la filière. Vous êtes élue de Limoges, nous avons célébré les 100 ans de Madrange en 2024, cette entreprise est le second employeur de la Haute-Vienne. Que croyez-vous qu’il arriverait si l’élevage porcin français venait à disparaître ? »

Cooperl ajoute : « Nous avançons dans le bon sens, nos actes parlent pour nous : 93 % de nos éleveurs ont arrêté la castration, plus de 55 % sont engagés dans des filières sans antibiotiques, et nous proposons déjà des produits à empreinte carbone réduite (-20 % d’émissions de CO2). Nous vous invitons à venir le constater sur le terrain, à la Cooperl directement. Notre modèle est (…) tourné vers l’avenir à la recherche de solutions compétitives et durables. Solutions dont nous avons choisi d’autofinancer le développement, car il serait pour le moins imprévoyant, voire naïf, de compter sur les aides publiques d’un État en déficit perpétuel. »