La FNP et l’UGPVB répondent au Premier ministre et lui demandent du courage politique
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- Auteur : Anne-Solveig Aschehoug
Par une lettre ouverte, le président de la FNP, François Valy a répondu à la lettre ouverte du Premier ministre envoyée à tous les agriculteurs français, le 4 janvier dernier.
François Valy, président de la FNP.
Michel Bloc'h, président de l'UGPVB
À l’invective du Premier ministre, d’entrer dans une phase plus ferme, plus offensive, la FNP indique : « On diminue les contraintes ici pour les augmenter ailleurs. Au titre de la directive IED, la Commission européenne prépare de nouvelles contraintes disproportionnées voire infaisables qui s’appliqueraient à presque la totalité des élevages en 2032, avec des dérogations pour les élevages labellisés de pays voisins. La France doit être plus ferme et offensive. Ne soyons pas naïfs et refusons les contraintes arbitraires avec des mesures simples comme la couverture des fosses ou un matériel d’épandage adapté. »
À la demande de revenir au terrain du Premier ministre, la FNP lui répond : « le ministère de la Transition écologique prépare une méthode de notation environnementale. Comme à son habitude, la France ferait du zèle en allant au-delà de la méthode d’analyse du cycle de vie (ACV), validée en Europe, en sanctionnant toute production au motif qu’elle vient d’un bassin de production conventionnelle performant, en impactant l’import sans égard à la légalité d’une telle mesure et in fine en reclassant le bio aux dépens du conventionnel. De plus, noter une saucisse issue de matières premières de diverses origines est impossible et comparer l’impact environnemental de filet mignon et de légumes revient à nier la différence de qualité nutritionnelle des produits. »
Face à la demande de souveraineté alimentaire du chef du gouvernement, la FNP lui rétorque et conclut : « écoutez les professionnels et assumez vos écrits dans des actes concrets sans délai ». De son côté, l’UGPVB soulignai « la souveraineté alimentaire ne se décrète pas, elle se construit par des décisions fortes et cohérentes », et appelait le Premier ministre à « reconnaître et affirmer la production agricole comme un enjeu stratégique national. La souveraineté alimentaire de la France ne sera pas préservée par des promesses supplémentaires ni des ajustements symboliques. Elle le sera par des actes clairs, rapides et cohérents, à la hauteur des enjeux auxquels fait face l’agriculture française ».
Vendredi soir dernier, un communiqué du gouvernement leur répondait en annonçant par le biais de la loi Duplomb Ménonville « accélérer la levée des freins à la production. Les décrets relatifs aux installations classées pour l’environnement (ICPE) (…) et les modalités de consultation du public seront signés avant la fin du mois de janvier. L’examen de la création d’un régime juridique spécifique pour les élevages, plus simple et plus lisible, débutera au Parlement dès février. »
Par ailleurs, sur la volonté de l’État de reconquérir la souveraineté alimentaire et sanitaire, le gouvernement a indiqué dans son communiqué que « Les conférences de la souveraineté alimentaire se poursuivent en vue de la fixation d’un cap pour reconquérir notre souveraineté alimentaire à horizon 10 ans. Des contrats d’avenir seront un des supports de cette reconquête. Notre modèle sanitaire doit être réformé. Les travaux des assises, inclus dans le plan élevage, devront être conclus avant la fin du premier semestre, en accordant une attention toute particulière aux épizooties émergentes. »