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La FNP et l’UGPVB répondent au Premier ministre et lui demandent du courage politique

En fin de semaine dernière, la Fédération nationale porcine (FNP) et l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB) ont répondu à la lettre ouverte du Premier ministre envoyée à tous les agriculteurs français, le 4 janvier dernier.
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  • Modifié :
  • Auteur : Anne-Solveig Aschehoug

Par une lettre ouverte, le président de la FNP, François Valy a répondu à la lettre ouverte du Premier ministre envoyée à tous les agriculteurs français, le 4 janvier dernier.

François Valy, président de la FNP.

François Valy, président de la FNP.

« Le nombre de sites d’élevage de porcs est en constante diminution de 9 525 en janvier 2019 à 7 853 sites en décembre 2025, soit plus d’un site d’élevage en moins chaque jour, selon BDPorc. Pour restaurer notre souveraineté alimentaire et être offensif à l’export, il faut moderniser les élevages et accompagner leur développement, indique-t-il. Il est ainsi vital d’aligner le seuil d’autorisation ICPE sur le seuil européen de l’évaluation environnementale que permet la loi Duplomb dès 2026 et non 2030 ! »
Michel Bloc'h, président de l'UGPVB

Michel Bloc'h, président de l'UGPVB

De son côté, l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne, l’UGPVB, par la voix de son président Michel Bloc'h, « appelle le Premier ministre à faire preuve de courage politique et à prendre des décisions fortes » pour « simplifier concrètement et durablement les procédures administratives françaises notamment en matière d’ICPE pour soutenir et sécuriser les projets des éleveurs, de s’opposer fermement aux nouvelles complexifications administratives prévues au niveau européen dans le cadre de la révision de la directive IED ». 

À l’invective du Premier ministre, d’entrer dans une phase plus ferme, plus offensive, la FNP indique : « On diminue les contraintes ici pour les augmenter ailleurs. Au titre de la directive IED, la Commission européenne prépare de nouvelles contraintes disproportionnées voire infaisables qui s’appliqueraient à presque la totalité des élevages en 2032, avec des dérogations pour les élevages labellisés de pays voisins. La France doit être plus ferme et offensive. Ne soyons pas naïfs et refusons les contraintes arbitraires avec des mesures simples comme la couverture des fosses ou un matériel d’épandage adapté. »

À la demande de revenir au terrain du Premier ministre, la FNP lui répond : « le ministère de la Transition écologique prépare une méthode de notation environnementale. Comme à son habitude, la France ferait du zèle en allant au-delà de la méthode d’analyse du cycle de vie (ACV), validée en Europe, en sanctionnant toute production au motif qu’elle vient d’un bassin de production conventionnelle performant, en impactant l’import sans égard à la légalité d’une telle mesure et in fine en reclassant le bio aux dépens du conventionnel. De plus, noter une saucisse issue de matières premières de diverses origines est impossible et comparer l’impact environnemental de filet mignon et de légumes revient à nier la différence de qualité nutritionnelle des produits. »

Face à la demande de souveraineté alimentaire du chef du gouvernement, la FNP lui rétorque et conclut : « écoutez les professionnels et assumez vos écrits dans des actes concrets sans délai». De son côté, l’UGPVB soulignai « la souveraineté alimentaire ne se décrète pas, elle se construit par des décisions fortes et cohérentes », et appelait le Premier ministre à « reconnaître et affirmer la production agricole comme un enjeu stratégique national. La souveraineté alimentaire de la France ne sera pas préservée par des promesses supplémentaires ni des ajustements symboliques. Elle le sera par des actes clairs, rapides et cohérents, à la hauteur des enjeux auxquels fait face l’agriculture française ».

Vendredi soir dernier, un communiqué du gouvernement leur répondait en annonçant par le biais de la loi Duplomb Ménonville « accélérer la levée des freins à la production. Les décrets relatifs aux installations classées pour l’environnement (ICPE) (…) et les modalités de consultation du public seront signés avant la fin du mois de janvier. L’examen de la création d’un régime juridique spécifique pour les élevages, plus simple et plus lisible, débutera au Parlement dès février. »

Par ailleurs, sur la volonté de l’État de reconquérir la souveraineté alimentaire et sanitaire, le gouvernement a indiqué dans son communiqué que « Les conférences de la souveraineté alimentaire se poursuivent en vue de la fixation d’un cap pour reconquérir notre souveraineté alimentaire à horizon 10 ans. Des contrats d’avenir seront un des supports de cette reconquête. Notre modèle sanitaire doit être réformé. Les travaux des assises, inclus dans le plan élevage, devront être conclus avant la fin du premier semestre, en accordant une attention toute particulière aux épizooties émergentes. »