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[Dossier génétique 3] « La productivité est une attente économique de nos clients et de la filière »

Axiom est issu de la fusion des organisations de sélection génétique de six coopératives (Agrial, Evel'Up, Eureden, Cirhyo, Ucagenof et Terrena). Entretien avec Guillaume Lenoir, directeur génétique Axiom.
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  • Modifié :
  • Auteur : Françoise Foucher
Guillaume Lenoir Axiom
Avec Guillaume Lenoir, directeur génétique Axiom
Porcmag : Comment concevez-vous la productivité en élevage porcin ?
Guillaume Lenoir : La productivité est une attente économique de nos clients et de la filière. L’enjeu est de maximiser le nombre de kilos produits par truie et par an, au moindre coût. À nous de fournir une génétique rentable pour le producteur et la filière. Ce n’est pas nouveau, mais ce qui change c’est le contexte, mouvant. Il intègre des enjeux environnementaux, sociétaux, une recherche d’acceptabilité de l’élevage et des conditions d’élevage différentes auxquelles doivent s’adapter nos animaux : truies en liberté, réduction de la médication et main-d’oeuvre plus ou moins qualifiée et disponible.

Comment cela se traduit-il dans les qualités maternelles ?
L’objectif est de sevrer plus, plus lourd et désormais plus facilement. Aujourd’hui la prolificité est là : le potentiel de nés vivants sur nos lignées pures est de 15,5 et 15,8, c’est satisfaisant. L’enjeu est dans ce qui se passe après avec la viabilité et l’autonomie des porcelets. Chez nous la prolificité ne se fait pas au détriment du poids moyen à la naissance, ni de l’homogénéité : nous y veillons en pesant chaque porcelet à la naissance : cela représente plus d’un million de pesées ! Depuis 3 ans nous travaillons à réduire le nombre de porcelets de poids inférieur à 1 kg, ces petits qui demandent de l’attention et du soin aux éleveurs. En ce sens nous avons participé au programme Pic’Let d’évaluation de l’immaturité d’après la forme du crâne des porcelets.

En quoi votre critère GMQqmat contribue-t-il à améliorer la productivité ?
Au-delà du taux de perte sous la mère, le critère GMQqmat évalue le gain de poids journalier de la portée. Il est estimé sur toutes les lignées maternelles pures. C’est un critère multifacette qui est très lié au nombre de porcelets présents à 21 jours : plus on sélectionne sur ce critère, plus on améliore le nombre de porcelets sevrés. Il est aussi corrélé au poids moyen des porcelets. C’est donc un critère équilibré sur la qualité, la quantité et l’homogénéité. Il permet d’avoir davantage de porcelets viables et sevrés de façon autonome.

Comment l’indice de consommation améliore la productivité ?
Nous recherchons la production maximale de kg à moindre coût. Pour gagner en efficacité alimentaire quel que soit le contexte alimentaire, nous avons développé le GMQcmj qui mesure la croissance en engraissement corrigée de la consommation moyenne journalière. L’indice de consommation étant un ratio entre la quantité d’aliment ingéré et le poids, il peut faire ressortir des animaux avec de faibles croissances ou de grandes consommation. Or ce que l’on recherche ce sont les animaux à forte croissance mais économes en consommation. Le GMQcmj permet de détecter, à même quantité d’aliment, les animaux avec la meilleure croissance. Nous sommes également engagés dans le projet Digestop avec Ifip et Inrae, qui évalue la digestibilité d’après l’analyse des fèces en infra-rouge. Le but est de repérer les animaux les plus adaptés à valoriser certaines matières premières plus fibreuses par exemple. Nous développons aussi des biomarqueurs sanguins qui permettraient d’évaluer l’efficacité alimentaire.

Comment la qualité de la viande peut-elle contribuer à la productivité ?
L’éleveur étant payé au classement, avec une grille qui valorise le maigre, notre but est de sélectionner les critères qui impactent sa valorisation. C’est un critère essentiel de la productivité économique. Notre travail d’analyse des résultats d’abattoir et de rendement carcasse le permet. Et la segmentation de notre offre — nos 3 lignées mâles et nos 6 verrats – répond à la diversité du marché.