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[Dossier génétique 6] Nucléus, un schéma tourné vers le kilo produit et valorisé en abattoir

Nucléus est tourné vers les naisseurs-engraisseurs français du grand ouest. Son objectif dépasser la seule productivité au sevrage. Le schéma a intégré depuis trois ans, le nombre de petits porcelets grâce à la pesée individuelle à 21 jours dans ses élevages de sélection.
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  • Auteur : Yanne Boloh
-crédit photo : Nucléus

Génétique de filière, Nucléus est tourné vers les naisseurs-engraisseurs français du grand ouest et de la façade atlantique : « Nos deux coopératives actionnaires, Cooperl et Fipso, nous permettent de dépasser la seule productivité au sevrage pour aller jusqu’aux kilos de produits valorisés à l’abattoir car nous pouvons collecter les données tout au long de la chaîne », résume Jacques Gourmelon , directeur de Nucléus. Historiquement, les critères de sélection des deux races dont sont issues les cochettes (Large White et Landrace), sont à 55 % des critères de reproduction (nés vivants, taux de survie à 21 jours, qualité des porcelets) et à 45 % des critères de production (croissance, IC, qualité de carcasse, qualité de viande).

Outre la moyenne du poids de portée à la naissance qu’il suit depuis 10 ans avec 70 000 porcelets pesés à la naissance chaque année, le schéma a intégré depuis trois ans, le nombre de petits porcelets grâce à la pesée individuelle à 21 jours dans ses élevages de sélection. Les données de 42 000 porcelets par an (données 2022) ont alimenté ce critère dans l’index de ses truies. L’objectif d’augmenter la qualité des porcelets nés et sevrés passe par la réduction des petits porcelets à la naissance.

« Grâce à nos applications (Smart Sow, Smart Pig) et aux puces RFID mises en place chez nos sélectionneurs sur tous les porcelets, ces pesés à 21 jours sont facilement reliés à la mère puis aux qualités des carcasses et de la viande à l’abattoir », explique Vincent Cousin , responsable technique et sanitaire. Il complète : « La portée le plus lourde à 21 jours est de 116,3 kg (15 porcelets) en Large White et de 110,2 kg (16 porcelets) en Landrace ».

Le nombre de petits porcelets a régressé à 14 % en Landrace et à 12 % en Large White

Entre 2017 et 2022, la proportion de porcelets de moins de 1 kg est par ailleurs passée en moyenne de 20 à 14 % en Landrace et de 15 à 12 % en Large White. « 170 verrats Large White et Landrace ont été intégrés en CIA en 2022 en utilisant ces nouvelles données du poids de la portée à 21 jours et de l’homogénéité du poids de naissance pour leur sélection et leur évaluation », détaille Jacques Gourmelon.

Du côté des verrats Piétrain, la réduction de l’IC figure en haut des critères de sélection : « les élites ont des IC comparables à ceux de la volaille » sourit Vincent Cousin avec le meilleur à 1,75. « Grâce à l’insémination artificielle, ce progrès génétique se diffuse encore plus vite en production car les verrats tournent très vite », ajoute Jacques Gourmelon qui s’attend à un progrès de - 0,05 par an. Et la sélection sur les verrats se poursuit sur les critères qui assurent une valorisation maximale à l’abattoir : la qualité de la viande et l’équilibre des pièces avec le plus de pièces nobles possible. « Nous remontons également des abattoirs des données en lien avec les débouchés, comme le pH à 24 h pour la salaisonnerie et les pertes en eau pour les pièces vendues en frais », ajoute Vincent Cousin.

Dans le futur, Nucléus se penchera sur les qualités maternelles et laitières des truies

Demain, les efforts de sélection vont se poursuivre sur le taux de petits porcelets qui devrait encore se réduire et sur les qualités maternelles et laitières de truies. Les progrès sur la taille de la portée vont également continuer, mais ils arrivent à une certaine limite, pour des raisons variées notamment les bâtiments en élevage de production. « La diffusion du progrès génétique dans les élevages de production est bien sûr liée ensuite à la conduite des élevages et au sanitaire. L’hétérogénéité des élevages reste forte avec les 10 % meilleurs qui les expriment plus et plus vite », conclut Jacques Gourmelon.

Tableau Nucléus