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Quel est le coût de l’abandon de la castration à vif des porcelets ?

Mélanie Yven chargée d'études économiques du groupe Cogedis aborde les incidences économiques de la castration sous anesthésie et l’immunocastration. Un simulateur Sim'alter réalisé par l'IFIP permet d'estimer les surcoûts induits par la fin de la castration à vif.
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  • Auteur : Mélanie Yven
-crédit photo : AdobeStock
cogedis castration à vif
Mélanie Yven, chargée d'études économiques Cogedis
L’interdiction de castrer à vif les porcelets a conduit les éleveurs et leurs groupements à faire un premier choix : produire des mâles entiers ou trouver des alternatives à la castration. Chacune de ces stratégies a un impact distinct sur les charges et sur le niveau de rémunération des carcasses. Le simulateur Sim’alter réalisé par l’Ifip permet d’estimer les surcoûts induits par la fin de la castration à vif. Il compare la production de femelles et mâles castrés (par vaccination ou sous anesthésie) à la production de femelles et mâles entiers. Les mâles entiers ont une meilleure efficacité alimentaire que les mâles castrés mais nécessitent un aliment plus riche et impliquent un risque accru de déclassement de carcasses. Par ailleurs, les stratégies d’immunocastration ou de castration sous anesthésie sont plus coûteuses que la production de mâle entier pour les postes d'alimentation et de charges main-d’œuvre et frais vétérinaires.

L’impact aliment exacerbé par la conjoncture

L’incidence sur la charge alimentaire est supérieure dans la stratégie de castration sous anesthésie comparée à l’immunocastration. L’impact de la conjoncture aliment actuelle va donc influer négativement sur cette stratégie. Pour la production de mâles entiers, il faut tenir compte d’un besoin supérieur en acides aminés, ce qui conduit à un prix de l’aliment supérieur, même si l’IC est inférieur (2,54 contre 2,56 en immunocastration et 2,75 en castration sous anesthésie). La conjoncture des marchés céréaliers va donc jouer là encore un rôle important dans le choix des formulations qui n’est pas à négliger pour maintenir les marges. En effet, dans les études de groupe Cogedis pour les clôtures du 1 er trimestre 2022, la charge alimentaire représentait 98,38 €/100 kg carcasse tandis que les prévisions en tenant compte des indices IPAMPA donnent un poste alimentaire à 132,90 €/100 kg pour le 3 e trimestre 2022, soit une hausse de 35 %.

Les grilles de paiement au cœur du résultat économique

Le résultat dégagé par un élevage porcin dépend des sommes engagées pour la production mais également de la rémunération de ses carcasses. En mâle entier, les carcasses sont mieux payées car le porc est plus musclé et que les grilles de paiement pénalisent les viandes trop grasses. La viande de porc issue d’élevages de mâles entiers bénéficie ainsi de plus-values techniques non négligeables : plus-value technique de 13,56 c€ /kg et plus-values de filières (porc bien-être et porc sans antibiotique à 42 jours) de 4,86 c€ /kg. Cependant, les carcasses mâles odorantes sont pénalisées de 23 cts €/kg (données Uniporc Ouest). Les estimations sont de l’ordre de 2 % de carcasses impactées par ce déclassement en élevage de femelles et mâles entiers. Cet été, l’AOP Grand Ouest a demandé la mise en place d’une plus-value de 7 c€ /kg pour les mâles castrés sous anesthésie afin de prendre en compte les surcoûts en frais d’élevage, en vain. Le CRP a indiqué que cette question du paiement des porcs mâles castrés sous anesthésie serait prioritaire.

En savoir plus sur le site web du groupe Cogedis : www.cogedis.com