Voyage au pays du soleil levant où l'élevage porcin est loin de satisfaire la demande nationale
Le Japon est le deuxième importateur mondial de viande porcine. L'autosuffisance ne répond qu'à 48 % du marché national et cette situation se dégrade d'année en année.
Publié :
Modifié :
Auteur : Yanne Boloh
En moyenne, un Japonais consomme 16,1 kg de porc par an, 7 kg de moins que la moyenne de l'OCDE, mais en croissance de 1,6 kg depuis 2010. « Le Japon n'est autosuffisant qu'à hauteur de 48 % et cela se dégrade chaque année », constate Masao Matsumura , éleveur de porc et président de la Japan Swine Farm Business Cooperation.
Le pays est le 2 e importateur mondial avec 1,5 Mt en 2022 (chiffre USDA). L'autosuffisance réelle est encore plus faible, à 6 %, en intégrant la très grande dépendance du pays aux matières premières importées pour nourrir les élevages. « Le pays importe en effet chaque année 13,5 Mt de céréales et 3,5 Mt de soja pour produire ses 24,4 Mt d'aliments pour animaux toutes espèces confondues », explique Kelly Mitani , importateur de foins et de matières premières. Un peu moins du quart des aliments industriels sont destinés aux porcs (5,7 Mt).
Malgré la croissance de la consommation, le Japon continue à perdre des éleveurs de porcs : ils sont désormais 3 590 (- 7 % en 2022 par rapport à 2021) pour une production de près de 16,5 millions de porcs charcutiers et la concentration se poursuit. Comme l'ensemble de l'agriculture japonaise, la question de l'âge des exploitants se pose : elle est toutefois un peu moins dramatique en production porcine : l'âge moyen des agriculteurs japonais est en effet de 67 ans contre 57 ans pour les éleveurs de porcs. « C'est plus facile de transmettre un élevage de porcs qu'un élevage de bovins », estime Kinichi Usui , président d'Usui Farm.