AG Cooperl: une stratégie confortée pour préparer demain
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- Auteur : Claire Walbecque
Montée en gamme, compétitivité et valeur environnementale. Voilà comment peut-être résumée la stratégie de Cooperl mise en place depuis quelques années. L’année 2018 vient de la conforter. Le chiffre d’affaires du groupe est en hausse, atteignant 2,3 milliards d’euros (2,2 en 2017), tout comme le résultat, annoncé à 16 millions d’euros, contre 14 l’année précédente. Les investissements sont restés soutenus avec pas moins de 75 millions d’euros en 2018 (80 en 2017). « La stratégie fonctionne. Nos chiffres sont globalement acceptables dans un contexte plutôt difficile » , a indiqué Emmanuel Commault, directeur de la coopérative, lors d’une conférence de presse le 7 juin dernier en amont de l’assemblée générale du groupe.
2018 : une conjoncture difficile
Préparer demain
Ainsi, pour consolider sa filière, Cooperl a acquis de nouveaux actifs en 2018 et début 2019: la société Berneau à Rungis pour la distribution, la marque Jean Caby pour la salaison et la société Vereijken (à hauteur de 50 % du capital) pour les équipements d’élevage. Par ailleurs, la marque Madrange se positionne désormais au rayon boucherie dans une démarche sans conservateur et sans additif ajouté et Brocéliande sur le marché bio origine France. Les financements effectués sur le pôle salaison semblent en bonne voie pour rétablir un résultat à l’équilibre. De plus, deux projets phares ont également abouti : le méthaniseur de Lamballe, inauguré le 13 juin dernier et la plateforme logistique de Plestan, usine de préparation de commandes et d’expédition, qui le sera bientôt. Le bien-être animal ne serait pas non plus en reste : il semblerait que certaines de leurs marques pourraient porter des allégations très fortes en ce sens… « Au total, ce sont 75 millions d’euros qu’il a fallu mobiliser pour poursuivre notre modernisation » , souligne Patrice Drillet. Avant d’ajouter : « Pour les années à venir, nous devons tenir ce rythme si nous voulons accompagner les changements de mode de consommation et de distribution des produits alimentaires en France et dans le monde » . D’ailleurs, la liste des projets est longue : traçabilité augmentée, production de porcs issus d’exploitation à Haute Valeur Environnementale avec un objectif de certifier dix exploitations en 2020, internationalisation avec notamment de nouveaux projets d’usine de troisième transformation en Chine et la construction d’une deuxième unité de méthanisation. Sur ce dernier point, une étude de faisabilité est en cours sur le site de Montfort-sur-Meu (35).
Changement de donne annoncé
En attendant, 2019 sera une année de « changement de paradigme », prévient le directeur. Les ravages de la peste porcine africaine en Chine, ou même en Asie d’une manière générale, ont fait repartir les cours à la hausse. « Si les prévisions sont justes, et au-delà d’une période d’ajustement des prix dans laquelle nous sommes, nous allons vers un nouvel équilibre. Si on arrive à protéger notre marché français, les éleveurs vont avoir un peu d’espace pour investir, et ainsi choisir vers où ils voudront aller » , commente Emmanuel Commault. En tout cas, le groupe se dirige bel et bien vers une montée en gamme, et ce, à l’échelle internationale. Argument du prix de revient à l’appui...