Prix du porc : le coup de gueule de la FNP
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- Auteur : Florent HOFMANN
Ce n’est pas tout, à travers l’histoire de cet éleveur, la FNP indique avoir vu des côtes de porc en promotion à un prix dérisoire : 1,48 € /kg. « C’est 3 à 4 fois moins cher qu’un kilo de lessive et 6 fois moins cher qu’un kilo de clous » , s’indigne-t-elle. Cette dernière précise que les éleveurs sont conscients des tiraillements économiques et sociaux et qu’ils y sont préparés. Mais cette promotion a été la goutte de trop. Dans un contexte de filière porcine en difficulté depuis une dizaine d’année où de nombreux éleveurs ne parviennent pas à couvrir leur frais, la FNP monte au créneau. La fédération est consciente qu’il faut relancer la consommation de porcs français pour éviter les engorgements dans les élevages, qu’il faut des prix abordables en ces temps de crise et des promotions pour faire marcher la concurrence et attirer le client. Mais pas à n’importe quel prix.
Les distributeurs en maîtres de la situation ?
A l’heure des négociations commerciales, François Valy, Président de la FNP, appelle à la raison. La grande distribution exige une baisse des prix à l’heure où le coût des matières premières, et par conséquent de l’alimentation animale, ne cesse de grimper. La production devient de plus en plus chère tandis que certains débouchés comme la restauration hors domicile (RHD) sont en bernes. Dans ce contexte, la grande distribution constitue la principale issue et joue de son avantage. De plus, la baisse du pouvoir d’achats de l’ensemble des consommateurs pousse les enseignes à tirer les prix vers le bas, au dépend des éleveurs et de leur travail.
Par ailleurs, dans un communiqué du 21 décembre 2020, la Coopération Agricole avait rappelé le fait que la position privilégiée des distributeurs leur confère la responsabilité « d’accorder des revalorisations tarifaires qui permettent de rémunérer les producteurs plus justement. » Et d’ajouter que « force est de constater que la guerre des prix a d’ores et déjà fait son retour dans les rayons alimentaires (- 0,5 % en un an) et se décline aujourd’hui dans les box de négociations, par des demandes de déflation (-2% en moyenne) et de budgets promotionnels supplémentaires. »
Dans une période de négociations commerciales, chaque partie essaye de tirer son épingle du jeu, mais la crise liée à la situation sanitaire rend la tâche encore plus ardue.