La gestion de l'extraction est-elle adaptée aux besoins des animaux ?
- Publié :
- Modifié :
- Auteur : Céline Chevance
Avec Céline Chevance , Rezoolution
La ventilation dynamique en dépression est le système le plus commun dans les bâtiments sur caillebotis. Le mouvement de l’air est initié par l’aspiration de l’air via le ventilateur. Ainsi l’air de la salle sort par la gaine de ventilation. L’extraction est régulée par le boîtier de régulation, lui-même commandé par la sonde température de ventilation.
Il existe deux grands types de ventilateurs : ventilateurs hélicoïdes classiques et ventilateurs hélicoïdes à contrôle de débit. Le débit des ventilateurs classiques ne peut varier que dans un rapport de 1 à 5, voire 1 à 4. Ce rapport n’est donc pas suffisant pour assurer à la fois les débits minimum et maximum d’une salle. Par exemple, pour un charcutier qui rentre à 30 kg et sort à 110 kg, le rapport entre les besoins minimum et maximum est de 1 à 8 (voir tableau 1).
Dans la pratique, les puissances des ventilateurs installés sont choisies en fonction du besoin de débit maximum de la salle. Des freinages avec adjonction de trappes à l’amont des ventilateurs sont mis en place pour la saison froide lorsque les animaux sont petits.
Actuellement, des appareils avec contrôle du débit permettent de faire varier le débit dans un rapport de 1 à 8, voire de 1 à 10. Un autre intérêt de ces ventilateurs dits économes en énergie, c’est que pour un même diamètre, ils débitent davantage (voir tableau 2).
Calculer la capacité d'extraction
Le calcul de la capacité d’extraction d’une salle dépend donc du chargement et du débit maximum pour les animaux. Pour des truies, cela s’applique par temps chaud pour le maximum de truies présentes dans la salle. Il est calculé pour limiter l’élévation de la température de la salle. Pour les porcs, cela correspond au chargement maximum et au poids de sortie.
Par exemple, pour un engraissement de 156 places de porcs charcutiers qui sortent à 110 kg, le débit maximum recommandé est de 10 140 à 10 920 m 3 /h (65 à 70 m 3 /h/porc). Les étés étant de plus en plus chauds, les installateurs ont tendance aujourd’hui à recommander plutôt 80 m 3 /h/charcutier. Dans notre exemple de salle de 156 places, cela correspond à une capacité d’extraction de 12 480 m 3 /h.
Pour cette configuration de salle il y a 4 options pour équiper la salle :
- Si on compte 70 m 3 /h/porc : 2 ventilateurs standards de 450 mm + 2 ventilateurs économes de 400 mm ; si on compte 80 m 3 /h/porc : 2 ventilateurs standards de 500 mm + 2 ventilateurs économes de 450 mm.
- Une autre option pourrait être d’installer un ventilateur économe de 630 mm, mais cela n’est possible que si la salle n’est pas trop profonde. De ce fait, si la salle fait plus de 14 m, il faudra 2 points de pompage.
Installer l'extraction
L’emplacement du ventilateur est aussi important, il va dépendre du circuit d’air de ventilation attendu. Par exemple, pour une salle avec un plafond de type Difful’R, il faut que l’extraction soit à l’opposé de l’entrée d’air à plus des 2/3 de profondeur de la salle.
Il existe 2 types d’extraction. L’extraction basse : le ventilateur est inséré dans une gaine d’extraction qui descend jusqu’au sol, l’air est extrait à hauteur de caillebotis. On recommande ce type d’installation dans les salles non chauffées, cela permet de favoriser l’extraction des gaz. En revanche, il faut une hauteur minimale entre le caillebotis et le lisier de 40 cm. Il faut veiller qu’à la base du caisson, l’air circule librement. L’extraction haute : le ventilateur est inséré dans une gaine, l’air est extrait au-dessus des cloisons. Ce système a moins de pertes de charge et en période de forte chaleur, l’extraction est meilleure lorsque les animaux sont lourds.
Lorsque la salle est en extraction basse et que le débit maximum est freiné par les animaux étalés sur le caillebotis ou lorsque le lisier a atteint le niveau des poutrelles, il est possible de créer une trappe de visite sous le ventilateur et l’ouvrir en période de forte chaleur.
Contrôler le bon fonctionnement du matériel
Une fois l’équipement bien dimensionné, il faut s’assurer du bon fonctionnement du matériel. Pour que ces ventilateurs fonctionnent bien et ne soient pas perturbés par les conditions extérieures, leur vitesse ne doit pas descendre en dessous de 300 tours/minute. Pour les ventilateurs classiques, l’électricien doit vérifier que la tension du ventilateur à 100 % de ventilation est supérieure à 190 Volts. La tension du ventilateur au pourcentage minimum doit être supérieure et proche de 75-80 Volts.
Il faut aussi contrôler que le débit maxi est bien atteint. Pour cela, la vitesse au débit maximum doit être contrôlée à l’aide d’un anémomètre avec les entrées d’air ouvertes au maximum.
Il arrive que le débit maximum ne soit pas atteint. Il peut y avoir plusieurs raisons mais, le plus souvent, c’est lié à un défaut de matériel, une entrée d’air mal dimensionnée ou un mauvais entretien du matériel par exemple. Il faut nettoyer le ventilateur, ainsi que la gaine d’extraction, pour qu’ils ne s’encrassent pas. Typiquement, les ventilateurs avec un vortex se bloquent lorsqu’ils sont encrassés et freinent l’extraction, il faut vérifier qu’à 100 % les pales se mettent bien en position verticale.