Jaap van Milgen : « Il ne faut pas avoir peur de la modélisation »
L'ingénieur de l'UMR Pégase de l'Inrae, Jaap van Milgen a reçu le prix de l'innovation pour son travail sur la modélisation de la croissance des porcs.
Publié :
Modifié :
Auteur : Françoise Foucher
À 65 ans, Jaap van Milgen l’annonce tout net : il n’est pas près de prendre sa retraite. L’ingénieur d’Inrae, qui vient de recevoir le prix de l’innovation de son institut pour son travail sur la modélisation de la croissance des porcs, n’a pas encore assouvi toute sa passion pour la biologie. L’aura-t-il seulement un jour épuisée, cette passion qui l’anime ? Rencontre avec un chercheur qui, après 40 ans de carrière, est encore capable de s’enflammer sur le mystère d’un œuf – « là-dedans, il y a tout ce qu’il faut pour que se forme un parfait poussin ! » – ou sur une citation aussi biologique que philosophique : « “Toutes les cellules de notre corps se renouvellent en moins de 8 semaines ” : chimiquement nous sommes un nouvel être… et pourtant nous demeurons nous-mêmes : n’est-ce pas totalement fou ? »
D’où venez-vous ?
« Je suis né aux Pays-Bas et j’ai passé mon master en productions animales à l’université de Wageningen, avec une spécialité en productions animales tropicales et j’étais passionné par les ruminants : vaches, zébus, chèvres, etc. J’ai fait mon stage en Indonésie. »
On est alors très loin du porc !
« Très très loin ! J’ai même refusé un sujet de thèse sur le porc. Au milieu des années 1980, un chercheur néo-zélandais était venu nous présenter ses travaux sur la modélisation. C’était le tout début de cette discipline et ça m’avait vraiment enthousiasmé. Je l’avais recontacté quelques années plus tard pour envisager une thèse avec lui :il avait bien un sujet à me proposer mais il portait sur l’espèce porcine ; je n’avais pas envie de travailler sur le porc. Je suis donc parti aux États-Unis de 1988 à 1991, faire une thèse sur la modélisation… mais appliquée aux mécanismes de digestion par les microbes du rumen. »
Quel a été le chemin vers la France et la station Inrae de Saint-Gilles ?
« Quand nous avons choisi de quitter les États-Unis avec mon épouse et nos deux enfants, notre projet était de nous installer aux Pays-Bas à terme, mais d’abord nous avons voulu faire une étape en France : j’ai fait un post-doc à Clermont-Ferrand à l’UMR Herbivores, toujours sur la dynamique ruminale. Et c’est alors qu’un poste ...
Retrouvez l'intégralité de cette interview avec vos codes abonnés
Jaap van Milgen : « Il ne faut pas avoir peur de la modélisation »