Aller au contenu principal

JRP 2019 : des solutions pour orienter positivement le microbiote intestinal

  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Elisa Taurin
-

Trois communications orales et deux posters. La place qu’ont occupé les essais sur la modulation du microbiote intestinal du porcelet via des supplémentations nutritionnelles confirme l’intérêt porté par les nutritionnistes à ce sujet, dans un objectif de démédication.

Lucie-Galiot
Une première étude, réalisée par Lucie Galiot (voir photo ci-contre) et son équipe (centre de recherche et de développement de Sherbrooke et Université Laval, Canada), a montré que supplémenter la truie en micronutriments (vitamine A et D, cuivre) de la dernière semaine de gestation au sevrage (21 jours) permet d’augmenter le poids des porcelets en début de vie et affecte positivement leur microbiote au sevrage. En revanche, d’après Lucie Galiot, « la supplémentation en micronutriments des porcelets pendant la lactation n’a pas eu d’impact sur les performances ou sur le microbiote ». Cet essai a également mis en évidence l’effet positif de l’apport de colostrum bovin aux porcelets entre cinq et dix jours d’âge sur leur microbiote fécal au sevrage (moins d’Enterobacteriaceae, plus de Lactobacillaceae), ainsi que sur leurs performances de croissance avant et après sevrage.

 

Quelle source de cuivre ou de zinc ?

De son côté, la société Animine s’est tantôt entourée de l’Université de Wageningen (Pays-Bas), tantôt de celle de Gand (Belgique), pour comparer les effets de différentes sources de cuivre et d’oxyde de zinc sur les paramètres intestinaux du porcelet sevré. Dans le premier essai, la supplémentation en sulfate de cuivre (CuSO 4 ) de l’aliment de post-sevrage durant cinq semaines était comparée à celle en oxyde de dicuivre (Cu 2 O), à différentes doses. Les auteurs ont observé une corrélation positive entre la croissance des porcelets et la dose de cuivre apportée, quelque soit la source. L’oxyde de dicuivre tendait à réduire davantage la population d’E. coli dans l’intestin des animaux, sans répercussion significative sur leurs performances. Dans le second essai, qui avait lieu chez des porcelets de 21 à 35 jours d’âge, l’apport d’oxyde de zinc standard à dose nutritionnelle (110 mg/kg) ou pharmacologique (2 400 mg/kg) était comparé à celui à doses nutritionnelles (110 ou 220 mg/kg) d’oxyde de zinc encapsulé et d’oxyde de zinc potentialisé. C’est bien le dosage médicamenteux d’oxyde de zinc standard qui a montré le meilleur effet sur la santé intestinale des porcelets. A dose nutritionnelle, l’oxyde de zinc potentialisé tendait a obtenir les meilleurs résultats.

 

Des probiotiques pour des bactéries collaboratives

Géraldine Kuhn
Géraldine Kuhn, Phileo-Lesaffre
Autre stratégie pouvant améliorer la santé intestinale des porcelets : l’apport de probiotiques. L’étude menée par Phileo Lesaffre Animal Care, en partenariat avec Zootests, confirme l’effet bénéfique d’une supplémentation en levures probiotiques (ici Saccharomyces cerevisiae 47) sur les performances de croissance de porcelets en post-sevrage, soumis à une forte pression pathogène. Cela pourrait s’expliquer par l’observation suivante réalisée, dont nous fait part Géraldine Kuhn : « Les porcelets ayant été supplémentés en levure probiotique présentaient une meilleure diversité microbienne au niveau de l’intestin postérieur, avec un profil plus homogène. De plus, les bactéries collaboraient entre elles, alors que chez les porcelets témoins, elles étaient en compétition. Ces corrélations positives suggèrent un mécanisme par lequel la supplémentation en levure pourrait contribuer à la régulation de l’équilibre intestinal et améliorer les performances des porcelets ».

 

L’extrait de châtaignier pour réduire les diarrhées de PS

Enfin, d’après un essai réalisé par Marion Girard d’Agroscope (centre de recherche suisse) et ses collègues, la supplémentation de l’aliment des porcelets en début de post-sevrage avec 2 % d’extrait de châtaignier – dont les tanins hydrolysables sont connus pour leurs propriétés antimicrobiennes - modifierait la population bactérienne dans le jéjunum, en réduisant notamment l’abondance de certains Clostridium et d’E. coli entérotoxiques (ETEC) de type F4. Cela semblerait bénéfique pour la santé intestinale et participerait à réduire les diarrhées de post-sevrage.

Mots-Clés