Aller au contenu principal

Bilan 2023 : un marché mondial bataillé face à une consommation qui ralentit

L’année tire à sa fin, il est temps de dresser un bilan de l’année porcine 2023. Elisa Husson du pôle économique de l’Ifip s’est prêtée à l’exercice lors du Grand rendez-vous de l’élevage porcin organisé par la FNP et les Jeunes agriculteurs fin novembre. En voici le premier volet avec les points clés de son panorama mondial de la production porcine en 2023.
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Anne-Solveig ASCHEHOUG
-

La production mondiale porcine atteint des sommets en 2023 (115 Mtéc en hausse de 0,8 % sur un an). Mais il existe de fortes disparités selon les pays producteurs.  La reprise de la production chinoise joue à plein, elle s’était effondrée suite à l’épidémie de fièvre porcine africaine. Mais elle n’est pas le seul pays à s’être relevé. Du côté du commerce international, les flux sont importants, même si au cours du 2e trimestre 2023, la demande a ralenti. Deux pays exportateurs se renforcent : le Brésil et les Etats-Unis. Et, face à cette domination américaine et brésilienne, l’Europe voit ses exportations régresser.

La Chine est un marché instable qui fait jouer la concurrence. La forte reprise de production fait face à une demande interne chinoise atone ce qui fait sortir des marchés les petits éleveurs très fragiles. En revanche, malgré la pression financière, de grands groupes comme New Hope et Muyan ont maintenu leur production.

Dans l’empire du milieu, le prix du porc retourne à la baisse et il y a un risque de déflation de l’économie chinoise qui n’est pas favorable pour le marché international. Et certains gros industriels chinois investissent ailleurs comme en Espagne avec le rachat récent d’un grand groupe espagnol. Et le pays souhaite élargir sa sphère d’influence en Amérique du Sud et son éventail de fournisseurs vers la Russie et le Brésil.

En Russie , la production est excédentaire depuis 2018 grâce aux soutiens multiples du gouvernement et 5 % de la production du pays est exporté. Le pays a prévu de s’implanter à l’international et vient de bénéficier de l’ouverture du marché chinois grâce à la signature d’agréments pour des entreprises dans le domaine de l’élevage (porc, volaille, canard, bœuf) permettant d’exporter vers la Chine. La Russie pourrait bien concurrencer l’Europe dans les toutes prochaines années. C’est donc une origine à surveiller.

La filière américaine fait face à d’importantes difficultés économiques en 2023, la rentabilité est négative et la demande des consommateurs est restreinte. En revanche les relations à l’export se sont améliorées notamment vers le Mexique et vers la Chine, ce qui est salvateur. Le pays a aussi une volonté de diversifier les débouchés à l’export comme la Corée ou encore la Colombie. Pour autant, la filière américaine fait face à de multiples freins à la production. En 2024, une mise en application de lois liées au bien-être animal plus coûteuses pour les éleveurs aura des répercussions notamment en Californie et dans le Massachussetts.

Au Brésil, l’élevage est stimulé par des coûts de production très compétitifs, une demande à l’export forte avec des gains de parts de marché en Asie, une consommation dynamique et des investissements majeurs par de grands groupes comme JBS. Quant aux stratégies de diversification des débouchés, la filière n’a pas prévu de diminuer sa présence à l’export en particulier en Asie, en Amérique Latine et d’autres négociations bilatérales sont actuellement en cours. Des installations d’entreprises brésiliennes à l’étranger sont également évoquées.

Retrouver le bilan européen de l’année porcine 2023 par Elisa Husson : tandis que la production mondiale grimpe, l’Europe s’effondre et perd 12 millions de porcs.